Société
Les lycéens ne lâchent rien et fixent déjà un nouveau rendez-vous
La mobilisation lycéenne a encore gagné les rues ce jeudi, un peu partout en France. Et déjà, étudiants et syndicats annoncent une nouvelle journée de…


La mobilisation lycéenne a encore gagné les rues ce jeudi, un peu partout en France. Et déjà, étudiants et syndicats annoncent une nouvelle journée de mobilisation, mardi 13 octobre.
Les manifestants sont encore sortis ce jeudi dans plusieurs villes de l’Hexagone, avec des cortèges plus modestes que deux jours auparavant. Mais l’essentiel se joue ailleurs. L’intersyndicale étudiante et professionnelle a profité de cette journée pour annoncer une nouvelle mobilisation, calée au mardi 13 octobre. Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union Etudiante, a posé la ligne du mouvement sans détour. « Tant qu’on n’aura pas 10 milliards sur la table, on continuera à se mobiliser », a-t-elle averti, avant d’inviter chacun à rejoindre les rassemblements sur tout le territoire.
Cet appel est tombé quelques minutes à peine avant que le ministre de l’Education Edouard Geffray, accompagné de Philippe Baptiste pour l’enseignement supérieur et la recherche, ne reçoive les trois principales associations lycéennes. Plus tôt dans la matinée, lors d’un déplacement dans un lycée à Reims, le ministre avait promis un « plan d’urgence » sur les remplacements, à présenter sous « quelques heures ou quelques jours ».
Sur le terrain, les comptages divergent largement. Le ministère de l’Education assure qu’environ 96 % des établissements sont restés ouverts ce jeudi, avec 157 lycées fermés sur 3 700 à la mi-journée, et une grève des personnels à peine suivie. Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne, dresse un tableau tout autre, parlant de « 2 000 lycées à l’arrêt » et d’une « massification du mouvement ». A Paris, plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées place de la Bastille après la déambulation de plusieurs cortèges. On y a entendu des slogans comme « Plus de masters, moins de poulets » ou « 35°C dans les classes, mais le problème c’est le portable », tandis qu’une grande banderole « GenZ en colère » était brandie du haut de la colonne de Juillet. Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, y a été accueilli par des « Bally, Bally, Bally ».
En matinée, la tension s’est concentrée autour de l’université d’Assas, avec des jets de pommes de terre sur les CRS, qui ont répliqué au gaz lacrymogène, avant un sit-in d’étudiants, dont le député LFI Louis Boyard. Fait rare, l’Institut catholique de Paris a lui aussi été bloqué. A Lille, 3 200 personnes ont défilé, dont Manon, 45 ans, venue avec sa fille Lola, 15 ans. « On combat ensemble, on a les mêmes revendications », confie la mère de famille. La fatigue, elle, se fait sentir partout. Astrid, 19 ans, mobilisée depuis le début des blocages, résume un quotidien éprouvant, entre réveils matinaux, journées enchaînées et stress. A Brest, Lucine, 16 ans, élève en première au lycée de l’Harteloire, reconnaît « beaucoup de fatigue » et voit dans ce bras de fer « un jeu, un peu, entre le gouvernement et nous, à qui lâchera le premier ». Non loin, Samuel, en terminale dans le même établissement, compare les « moments de discussion internes » annoncés par Lecornu au mouvement des gilets jaunes, dont il rappelle le dénouement incertain.
Mercredi soir, le Premier ministre a pris la parole depuis Matignon sans annoncer de mesure concrète pour les lycéens. Il a renvoyé à « fin octobre » pour « les premières décisions », tout en affirmant que « nul ne peut être indifférent aux angoisses qu’ils expriment ». A Nantes, Camille, 17 ans, ne s’en satisfait pas. « On ne veut pas des paroles, on veut des actions. On se mobilisera jusqu’à ce qu’il y ait de réelles avancées », lance-t-elle derrière une banderole proclamant « Ni chair à canon, ni chair à patron ». La participation a reculé par rapport à mardi, comme à Rennes où 3 400 manifestants ont été comptés contre 9 500 deux jours plus tôt, ou dans la région lyonnaise, où environ 3 500 personnes ont défilé depuis Bron. Côté revendications, les lycéens et étudiants réclament 250 000 places supplémentaires à l’université, une rénovation des bâtiments et la fin de la sélection par Parcoursup.
Le climat reste tendu. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a indiqué que 18 enquêtes de la « police des polices » avaient été ouvertes depuis le début du mouvement. Au total, 215 élèves et 85 membres du personnel de l’Éducation ont été blessés, ainsi que près de 800 policiers et gendarmes. Mercredi, il a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes, après qu’un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens.
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