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Le G7 ouvre grand ses réserves pour faire baisser les prix du carburant

Jusqu’à 100 millions de barils de gazole et de pétrole brut vont sortir des stocks stratégiques des pays les plus riches. Objectif, alléger la facture des…

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Le G7 ouvre grand ses réserves pour faire baisser les prix du carburant

Jusqu’à 100 millions de barils de gazole et de pétrole brut vont sortir des stocks stratégiques des pays les plus riches. Objectif, alléger la facture des automobilistes et des transporteurs sans fermer les frontières.

Réunis en visioconférence, les dirigeants des sept grandes puissances ont tranché. Leurs pays puiseront jusqu’à 100 millions de barils de gazole et de pétrole brut dans leurs réserves stratégiques, sous la coordination de l’Agence internationale de l’énergie. L’opération s’étalera sur quatre mois, mais un premier geste arrive vite. Des volumes présentés comme substantiels de gazole doivent débarquer sur le marché dans les vingt jours. Et si cela ne suffit pas, les membres du G7 se réservent la possibilité de débloquer des stocks supplémentaires.

La pression venait de loin. Le Moyen-Orient en guerre et le blocage du détroit d’Ormuz, passage vital pour le trafic pétrolier, ont propulsé les prix de l’énergie vers le haut. À cela s’ajoutent les frappes ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes. La production mondiale de gazole en souffre, même si les raffineries ailleurs tournent à plein régime pour transformer le brut en carburant. Conséquence directe pour le porte-monnaie. L’inflation de la zone euro a atteint 3,8%, un sommet depuis trois ans. Le gazole se paie en moyenne 2,24 euros le litre dans l’UE, un record, et le gallon américain a grimpé jusqu’à 6,53 dollars.

Derrière l’accord, une partie de bras de fer. Washington pressait les Européens de vider leurs stocks et menaçait d’interdire ses exportations de carburant vers l’Union européenne en cas de refus. Un scénario lourd de conséquences, la moitié du gazole importé par l’UE venant des États-Unis. La Commission européenne avait prévenu qu’une telle décision abîmerait la confiance dans les Américains comme partenaire fiable. Finalement, Donald Trump a assuré qu’une interdiction n’avait jamais vraiment été envisagée, bien qu’il l’ait lui-même évoquée. Il s’est réjoui que l’Europe accepte de déverser son gazole massivement stocké et a promis un démarrage immédiat.

Le G7 veut aussi s’attaquer aux marges des raffineurs et aux coûts de transport, gonflés par les perturbations d’Ormuz. Emmanuel Macron espère que tout cela fera baisser les prix à la pompe. Le calendrier n’a rien d’anodin aux États-Unis, où les élections de mi-mandat approchent et où agriculteurs comme routiers réclament de l’air. Les marchés, eux, avaient anticipé, le baril de WTI américain perdant 5% en cours de séance. Reste le rythme. Au printemps, les pays de l’AIE avaient promis 400 millions de barils tirés de leurs réserves, et tous n’ont pas encore été mis en circulation. Bruxelles, de son côté, a tendu la main à Washington en proposant de reporter d’un an sa loi contre les émissions de méthane.

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