Monde
Les Houthis bombardent Ryad et jurent de ne pas lâcher un pouce de terrain
Les rebelles pro-iraniens revendiquent des tirs de drones et de missiles sur l’aéroport de la capitale saoudienne. Au Yémen, ils rejettent en bloc les…


Les rebelles pro-iraniens revendiquent des tirs de drones et de missiles sur l’aéroport de la capitale saoudienne. Au Yémen, ils rejettent en bloc les annonces de gains des forces gouvernementales.
Le conflit yéménite s’est rallumé en juillet après des années de calme, et les dernières heures ont fait monter la tension d’un cran. Les combattants houthis affirment avoir visé l’aéroport international de Ryad à coups de drones, de missiles balistiques et de missiles de croisière. Un habitant de la capitale, qui vit non loin du site, décrit des fenêtres qui tremblent. Une autre détonation a retenti mardi dans le nord de la ville. Côté saoudien, l’autorité de l’aviation civile reste muette sur Ryad, où l’espace aérien se referme par intermittence, presque chaque jour.
Plus au sud du royaume, d’autres aéroports ont été touchés, avec trois blessés légers et des dégâts matériels. Les Houthis ont prévenu les compagnies aériennes que le ciel saoudien n’était pas sûr, à l’exception de Médine et de La Mecque, qu’ils nient avoir pris pour cible. Ils ont aussi frappé une raffinerie d’Aramco sur la mer Rouge, un coup dur pour le premier exportateur mondial de brut, déjà bousculé.
Sur le sol yéménite, les combats se sont intensifiés. Les rebelles pro-iraniens avaient réalisé une percée éclair début septembre, s’emparant du littoral sur la mer Rouge et consolidant leur mainmise sur le détroit de Bab el-Mandeb. Le gouvernement internationalement reconnu a riposté avec l’appui aérien de Ryad, via une opération baptisée « Aube du Yémen ». Ses troupes disent avoir lancé plus de 1.000 frappes, poussé vers Sanaa, tenue par les Houthis depuis 2015, et repris du terrain dans la région de Taëz. Elles affirment aussi avoir repoussé leurs adversaires hors de la zone de Bab el-Mandeb et de Mokha. Le porte-parole militaire houthi Yahya Saree balaie ces déclarations et assure que ses combattants maîtrisent parfaitement leurs positions. Des sources militaires des deux camps n’ont signalé aucun basculement majeur sur les lignes de front.
Ce détroit de Bab el-Mandeb a changé de poids dans l’équation. L’Iran a verrouillé celui d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule arabique, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient en février. Tenir ce passage maritime, c’est peser sur le commerce et l’énergie de toute la région.
Incapables de contenir seuls les attaques, Ryad et ses alliés ont réclamé à plusieurs reprises un soutien international, notamment américain, sans succès jusqu’ici. Après une réunion dans la capitale saoudienne, la Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite ont annoncé vouloir passer immédiatement à l’application d’un accord de défense mutuelle signé en août à La Mecque. Ils entendent fournir les forces et moyens convenus et les déployer rapidement dans le royaume. C’est la première fois que ce pacte est activé. Il réunit la deuxième armée de l’Otan, la principale puissance du Golfe et la seule puissance nucléaire du monde musulman.
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