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Économie

Le Pen veut raboter 140 milliards de dépenses et alléger les impôts de 30 milliards

La candidate du Rassemblement national a détaillé son projet économique pour 2032, entre coupes budgétaires massives, retour du départ à la retraite à 62…

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Le Pen veut raboter 140 milliards de dépenses et alléger les impôts de 30 milliards

La candidate du Rassemblement national a détaillé son projet économique pour 2032, entre coupes budgétaires massives, retour du départ à la retraite à 62 ans et baisse d’impôts. Le tout à la veille d’un budget 2027 qu’elle juge très mauvais.

Entourée de Jordan Bardella, son numéro deux, et de Jean-Philippe Tanguy, son spécialiste des finances à l’Assemblée, Marine Le Pen a posé les contours de son programme économique. La députée du Pas-de-Calais a rapidement haussé le ton, assurant que la France était devenue l’objet de toutes les inquiétudes des investisseurs internationaux. Sa réponse tient en un chiffre, 140 milliards d’euros d’économies nettes à l’horizon 2032, calculées par rapport à 2026. Un montant qui tient compte, selon elle, de la hausse des taux d’emprunt et du budget 2027 préparé par Sébastien Lecornu.

Pour trouver cet argent, la cheffe du groupe Rassemblement national à l’Assemblée vise plusieurs postes de dépenses. L’immigration, la contribution française à l’Union européenne, les agences de l’État et les budgets des collectivités territoriales figurent parmi les gisements cités. À cela s’ajouterait une baisse d’impôts de 30 milliards d’euros. Objectif affiché, passer sous la barre des 3 % de déficit public dès 2030 et ramener la dette à 112 % du PIB, contre 119 % aujourd’hui. Marine Le Pen veut aussi inscrire une règle d’or budgétaire dans la Constitution, via un référendum qui pourrait être lancé dès la première année d’un quinquennat, même si elle refuse d’en faire une urgence absolue.

Sur les retraites, la candidate promet entre 15 et 20 milliards d’euros d’économies à terme. Elle qui défend un départ à 62 ans, voire à 60, veut réparer ce qu’elle décrit comme l’important déficit creusé par les quinquennats Macron, tout en finançant sa propre réforme. Sa solution passe par une grande réforme de la capitalisation individuelle et collective, avec la création d’un véritable pilier de capitalisation. Un chantier qu’elle n’a pas encore détaillé.

Marine Le Pen a aussi interpellé la Banque centrale européenne, jugeant qu’elle devait intervenir pour redonner aux pays de la zone euro des marges de manœuvre, notamment afin d’investir dans la défense et le rattrapage technologique. Côté écologie, elle persiste dans son refus des subventions à perte pour les énergies intermittentes, solaire et éolien en tête, et promet une grande réforme structurelle de la politique énergétique. Elle fixe néanmoins un cap, atteindre la neutralité carbone avant 2050, et réfléchit à ouvrir le prêt à taux zéro au financement des voitures propres.

À la veille de l’examen du budget 2027 en commission à l’Assemblée, l’élue a jugé le texte très mauvais, taillé à coups de rabot généralisé. Elle se dit tout de même entendue par le gouvernement, alors que son groupe détient l’une des clés de la non-censure, l’autre se trouvant entre les mains du Parti socialiste si l’exécutif actionne le 49.3. Elle estime qu’il n’y a pas lieu de poser des interdits dans ce débat budgétaire, persuadée que la copie gouvernementale pourra être modifiée rapidement après la présidentielle.

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