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Ebola atteint le Kenya pour la première fois et fait un mort

Un Kényan revenu de République démocratique du Congo est décédé du virus Ebola dans un hôpital de Nairobi. Jamais le Kenya n’avait enregistré un cas ni un…

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Ebola frappe pour la première fois le Kenya et fait un mort à Nairobi

Mis à jour le 6 octobre à 17h30

Un Kényan revenu de République démocratique du Congo est décédé du virus Ebola dans un hôpital de Nairobi. Jamais le Kenya n’avait enregistré un cas ni un décès liés à cette maladie.

L’homme vivait depuis sept ans en République démocratique du Congo. C’est là qu’il est tombé malade, environ un mois avant son décès, et qu’il a été soigné dans plusieurs hôpitaux. Il a ensuite franchi la frontière ougandaise, puis pris un avion de Kampala vers Nairobi, où un proche et un ami l’ont conduit dans un hôpital public de la capitale kényane. À son arrivée, il présentait de la fièvre, des frissons, une fatigue intense, une faiblesse, des douleurs musculaires, une déglutition douloureuse, un mal de gorge et des saignements sous la peau aux points d’injection. Les examens ont confirmé une fièvre hémorragique à virus Ebola. Il n’a pas survécu.

L’urgence, désormais, est de retrouver tous ceux qui ont croisé sa route. Cinquante-cinq personnes ont déjà été identifiées. Vingt-sept sont des passagers et des membres d’équipage du vol entre Kampala et Nairobi. Les vingt-huit autres sont des proches ou des soignants qui se sont occupés de lui. Une fois localisées, elles seront placées à l’isolement pendant 21 jours, la durée maximale d’incubation du virus.

Le directeur de la santé au ministère kényan, Patrick Amoth, reconnaît un raté. Le système n’a pas fonctionné, admet-il, alors même que la région était en état d’alerte. Comment un patient déjà malade a-t-il pu voyager autant ? Selon lui, un test se serait révélé positif tant les symptômes étaient visibles, et l’homme aurait dû être transféré dans un centre de traitement Ebola. Il estime aussi que le malade savait qu’il était atteint en arrivant au Kenya, et qu’il est passé au travers des contrôles, peut-être parce que certains médicaments avaient fait baisser sa fièvre. Il refuse toutefois de désigner un coupable.

Le ministre kényan de la Santé, Aden Duale, appelle la population à ne pas céder à la panique. Tous les dispositifs sont en place, assure-t-il, pour freiner la propagation. La tâche reste immense, car il n’existe à ce jour ni vaccin ni traitement homologués contre la souche Bundibugyo, celle qui alimente la flambée actuelle. Quelque 70.000 doses d’Ervebo, un vaccin validé contre la souche Zaïre, ont été envoyées en RDC pour mesurer son effet sur Bundibugyo.

La RDC traverse la 17e épidémie d’Ebola de son histoire, la plus meurtrière jamais connue dans ce pays. Les autorités congolaises comptent 8.300 cas et plus de 4.000 décès. L’épidémie ne recule pas, elle se déplace. Médecins sans frontières a tiré la sonnette d’alarme sur une flambée inquiétante au Nord-Kivu, une autre province de l’est du pays, frontalière de l’Ouganda, où près de 40 % des nouveaux cas sont désormais recensés. L’Organisation mondiale de la santé avait déjà averti à la mi-septembre d’une progression exponentielle dans cette zone, avec un doublement des décès hebdomadaires sur la première quinzaine du mois.

L’Union africaine réagit. L’agence de santé Africa CDC, basée à Addis Abeba, envoie une équipe au Kenya, et son directeur, Jean Kaseya, doit s’y rendre dans les prochains jours. Le voisin ougandais a lui déjà connu 20 contaminations, dont deux mortelles, tous les autres patients ayant guéri. L’OMS avait déclaré fin août l’épidémie terminée dans le pays, saluant une action décisive qui avait permis de maîtriser rapidement le virus.

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