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Les lycéens remettent ça, l’exécutif joue l’apaisement

Une troisième vague de mobilisation lycéenne s’annonce dans toute la France, toujours autour des moyens accordés aux établissements. Après plusieurs jours…

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Les lycéens remettent ça, l'exécutif joue l'apaisement

Une troisième vague de mobilisation lycéenne s’annonce dans toute la France, toujours autour des moyens accordés aux établissements. Après plusieurs jours de tensions et de blessés, le gouvernement défend l’action policière et appelle au calme.

Des dizaines de milliers de lycéens se préparaient à nouveau à descendre dans la rue, un peu partout dans le pays. Le mouvement, parti à la mi-septembre de la région parisienne avant de se répandre sur tout le territoire, vit son troisième grand rendez-vous. La revendication, elle, n’a pas bougé d’un pouce. Ces jeunes réclament des moyens pour leurs lycées. Autour d’eux, le climat reste pesant. Plusieurs jours de tensions, des dégradations et une longue liste de blessés ont mis les autorités sous pression, sans qu’elles parviennent à faire retomber la fièvre.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez assume la réponse policière. « Quand il y a des troubles, il doit y avoir une intervention », a-t-il affirmé, en défendant une action menée « dans la plus grande proportionnalité ». Il invoque le cadre légal d’usage des armes intermédiaires et soutient que face à un public de lycéens, les forces de l’ordre interviennent « de manière encore plus proportionnelle, avec encore plus de tact ». Le ministre se dit aussi prêt à venir s’expliquer devant les commissions compétentes de l’Assemblée nationale ou du Sénat, si celles-ci veulent l’entendre sur les consignes données, la doctrine du maintien de l’ordre ou les conditions d’intervention des forces de sécurité.

Les chiffres, eux, donnent la mesure de la tension. Dix enquêtes ont été confiées à l’Inspection générale de la police nationale depuis le début du mouvement. Le ministère de l’Intérieur recense 215 élèves blessés, en précisant que l’immense majorité l’a été dans le cadre d’accidents ou par d’autres individus extérieurs aux manifestations. Au total, 6 059 interpellations ont eu lieu depuis le 28 septembre, et 715 policiers ou gendarmes ont également été blessés.

Sur le front judiciaire, le député LFI du Val-d’Oise Paul Vannier a saisi le parquet de Pontoise. Il dit avoir recueilli des témoignages de violences policières visant des lycéens mobilisés dans sa circonscription. La semaine dernière, un adolescent y a été grièvement touché à l’œil par un tir de LBD. Autre décision, celle de la justice administrative, qui a suspendu l’interdiction de rassemblements aux abords de plusieurs lycées de la Drôme. Ces arrêtés préfectoraux n’étaient « pas proportionnés » au risque de troubles.

À Lens, dans le Pas-de-Calais, un élève de 15 ans a eu la main arrachée lors d’une manifestation. Le ministre de l’Éducation Edouard Geffray a évoqué une situation « humainement dramatique ». Devant un lycée de la ville, la cheffe des Écologistes Marine Tondelier a appelé les élus et les parents à rejoindre la mobilisation, casques blancs, brassards blancs et vêtements blancs, pour aller « protéger nos enfants dans les manifestations ».

Le gouvernement tient bon sur le fond. Sa porte-parole Maud Bregeon a défendu Parcoursup, assurant que la plateforme d’orientation post-bac « fonctionne ». Elle y voit un « totem utilisé par des politiques », citant Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin ou Dominique de Villepin, tous partisans de sa suppression. La question reste pourtant au cœur des revendications lycéennes.

Matignon a de son côté demandé que ces revendications soient portées « dans un cadre pacifique », avec l’espoir de renouer avec « une contestation encadrée, légale et démocratique ». Dans les lycées fermés, les cours à distance sont eux aussi chahutés par des « cyber blocages », dont les vidéos circulent beaucoup sur les réseaux sociaux. Et la facture s’annonce lourde. L’association Régions de France, qui représente les collectivités en charge des lycées, avance une première estimation d’« autour de 20 millions d’euros » de dégâts.

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