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Cape d’invisibilité, graphène, antimatière, la course au Nobel de physique est ouverte

Le prochain prix Nobel de physique est dévoilé mardi, deuxième grand rendez-vous d’une semaine bien chargée. Des méta-matériaux à l’astrophysique, les…

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Cape d'invisibilité, graphène, antimatière, la course au Nobel de physique est ouverte

Le prochain prix Nobel de physique est dévoilé mardi, deuxième grand rendez-vous d’une semaine bien chargée. Des méta-matériaux à l’astrophysique, les pistes ne manquent pas et les paris vont bon train.

La suite de la saison Nobel se joue mardi avec la physique. La récompense arrive juste après celle de médecine, tombée la veille, qui a distingué un trio américano-allemand travaillant sur les rouages du cerveau.

Parmi les noms qui reviennent avec insistance, celui d’un Britannique, John B. Pendry. Ses recherches portent sur les méta-matériaux, ces structures savamment agencées pour dévier des champs électromagnétiques, la lumière comprise, tout autour d’un objet. Conséquence directe, la fameuse cape d’invisibilité, un objet qui cesse d’être perceptible. Vingt ans après cette percée théorique, le domaine a pris une tout autre ampleur et s’est ramifié dans de nombreux laboratoires.

Autre piste sérieuse, la twistronics. Le principe tient dans un geste presque anodin. On fait pivoter l’une sur l’autre deux couches de graphène selon un angle très précis, et la supraconductivité apparaît. De quoi changer la donne dans l’énergie, en faisant baisser la consommation. Trois chercheurs sont cités, l’Espagnol Pablo Jarillo-Herrero, l’Israélien Rafi Bistritzer et le Canadien Allan MacDonald. Leurs publications sont parmi les plus citées du moment, et le trio a déjà été honoré par un prix Wolf de physique en 2020.

Les diodes électroluminescentes organiques, les DELO, constituent une autre option. On les croise déjà dans nos écrans, smartphones, téléviseurs, ordinateurs. Elles soignent la qualité d’image tout en réclamant moins d’électricité.

D’autres voix plaident pour des terrains longtemps délaissés. La matière condensée, la physique nucléaire ou celle des particules n’ont pas eu leur part depuis un moment. Sur ce front, les expériences ALPHA et ATHENA menées au CERN ont marqué les esprits. Elles ont permis, pour la première fois, de piéger des atomes d’antihydrogène froids avant de les examiner de près. Le physicien américain Jeffrey Hangst, installé au Danemark et à l’origine de ces deux collaborations, aurait de quoi figurer parmi les favoris.

L’astrophysique revient aussi dans les conversations, à commencer par tout ce qui touche à la formation des galaxies. Trois noms circulent, le cosmologiste mexico-britannique Carlos Frenk, l’astrophysicien argentin Julio Navarro et le Britannique Simon White. Les travaux liés au télescope spatial James Webb ont eux aussi beaucoup fait parler.

L’an dernier, c’est la physique quantique qui était à l’honneur. Un trio avait été distingué pour avoir observé sur des circuits électriques des phénomènes propres à l’infiniment petit, posant les jalons des recherches actuelles sur l’ordinateur quantique.

Le reste de la semaine s’annonce dense. La chimie mercredi, la littérature jeudi, puis le très attendu Nobel de la paix vendredi. Ce dernier s’annonce dans un climat tendu. La campagne menée par Donald Trump pour décrocher la récompense a placé son comité sous une pression inédite l’an dernier. L’affaire a été d’autant plus embarrassante que la lauréate de 2025, la Vénézuélienne Maria Corina Machado, a offert sa médaille d’or au milliardaire républicain, convaincue qu’il la méritait, après la capture du président Nicolas Maduro. Cette année, le jury pourrait miser sur un profil plus consensuel. Un prix conjoint à l’organisation de défense des enfants Save the Children et à l’Ukrainien Mykola Kouleba est évoqué. Ce défenseur des droits de l’enfant se bat pour le retour en Ukraine de milliers d’enfants emmenés illégalement en Russie depuis les territoires occupés.

Le prix d’économie refermera la saison le 12 octobre. Au-delà du prestige, un Nobel, c’est un diplôme, une médaille d’or et un chèque de 12 millions de couronnes suédoises, soit un peu plus d’un million d’euros.

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