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Main arrachée, œil perdu et mâchoire brisée, quatre enquêtes sur des blessures de lycéens

En marge des blocages de lycées émaillés de heurts, plusieurs adolescents ont été gravement atteints lors d’interventions des forces de l’ordre. Quatre…

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Main arrachée, œil perdu et mâchoire brisée, quatre enquêtes sur des blessures de lycéens

En marge des blocages de lycées émaillés de heurts, plusieurs adolescents ont été gravement atteints lors d’interventions des forces de l’ordre. Quatre enquêtes visent des violences commises sur des mineurs.

Sur plusieurs points du territoire, les blocages de lycées ont basculé dans l’affrontement, et ce sont de très jeunes gens qui en portent les marques. Au moins quatre enquêtes ont été confiées à l’IGPN, le service chargé de contrôler le travail des policiers, après des blessures infligées à des mineurs. Les faits se sont produits à Saint-Ouen-l’Aumône et à Argenteuil, dans le Val-d’Oise, à Tours, en Indre-et-Loire, et à Lens, dans le Pas-de-Calais. Deux autres dossiers du même ordre sont à l’étude, à Sevran et à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. La Ligue des droits de l’Homme dénonce, elle, un décrochage généralisé face aux règles de l’État de droit.

À Lens, un adolescent de 15 ans a perdu une main lors d’une mobilisation de lycéens. Hospitalisé à Lille, il n’est pas en danger de mort. Les circonstances exactes restent à établir. Une grenade de désencerclement serait en cause, l’adolescent ayant possiblement tenté de la ramasser pour la relancer avant qu’elle n’explose dans sa paume.

À Tours, Maël, 16 ans, a été touché à la tête pendant le blocus du lycée Balzac et a perdu l’usage de son œil droit. Les examens médico-légaux font apparaître des blessures compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD. Sa famille a porté plainte pour violences commises par une personne dépositaire de l’autorité publique. Elle tient à écarter tout malentendu. Maël, souligne-t-elle, n’a aucun lien, de près ou de loin, avec un engagement militant ou politique. C’est un adolescent rattrapé par les événements, qui en subit aujourd’hui les conséquences physiques. Il reste hospitalisé.

À Saint-Ouen-l’Aumône, Eden, 14 ans, a été atteint par un tir de lanceur de grenade lacrymogène devant son lycée professionnel. Sa mère parle d’un cœur en miettes. Son fils a la mâchoire verrouillée, il ne peut plus parler et s’alimente à la paille. Toutes ses dents du haut sont cassées, celles du bas arrachées. Des images vidéo montrent trois policiers casqués face à lui. L’un assène un premier coup, l’adolescent réplique d’un coup de pied, puis un tir de lance-grenade au visage le fait chuter. Ses parents s’apprêtent à déposer plainte pour tentative d’homicide volontaire. Le Défenseur des droits s’est autosaisi de l’affaire et confirme avoir reçu plusieurs signalements liés aux mobilisations lycéennes.

À Argenteuil, un adolescent de 16 ans a été blessé à l’œil après un tir de LBD sur la dalle, à quelques pas de deux lycées. Deux jeunes hommes postés à une vingtaine de mètres auraient lancé des mortiers d’artifice en direction des policiers. Deux agents équipés de LBD ont riposté en faisant feu. La description du blessé pris en charge semblait correspondre à celle de l’un des deux individus impliqués. Le jeune homme est toujours hospitalisé, et les médecins ne savent pas encore s’il conservera l’usage de son œil. Le décompte provisoire des autorités fait état de 190 élèves blessés, pour l’essentiel à la suite d’éléments accidentels ou de heurts avec des fauteurs de trouble, notamment par mortiers d’artifice. Plus de 600 policiers et gendarmes ont également été blessés.

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