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Retraites, fonctionnaires, entreprises… un budget 2027 qui met tout le monde à contribution

Le gouvernement présente son projet de budget pour 2027 avec un objectif affiché de redresser des finances publiques sous forte pression. Retraités…

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Retraites, fonctionnaires, entreprises... un budget 2027 qui met tout le monde à contribution

Le gouvernement présente son projet de budget pour 2027 avec un objectif affiché de redresser des finances publiques sous forte pression. Retraités, agents publics et entreprises sont tous appelés à participer à l’effort.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a choisi ses mots avec soin. Mercredi, il a évoqué un « budget de redressement » et tiré la sonnette d’alarme sur le coût de la dette. « Le réel nous rattrape », a-t-il écrit sur X. Le signal est limpide. Les taux d’intérêt à dix ans auxquels la France refinance sa dette ont franchi mardi le seuil de 4,8 %, une première depuis la crise financière de 2008.

Les chiffres, eux, donnent le tournis. La charge de la dette, autrement dit les intérêts que l’État paie, atteindra près de 80 milliards d’euros cette année, dont 65 pour la seule dette de l’État selon le ministère de l’Économie. L’an prochain, la facture pourrait grimper à 91 milliards. Avec une croissance anticipée à 1 %, l’exécutif vise un déficit public de 5 % en 2027, après 5,4 % cette année, et prévoit une dette record à 121,7 % du PIB.

Pour redresser la barre, l’argent sera pris un peu partout. Les retraités sont les premiers sollicités, à hauteur de 5,5 milliards d’euros. Concrètement, les pensions supérieures à 1 260 euros ne seraient plus indexées intégralement sur l’inflation. Autre piste, le plafond de l’abattement fiscal de 10 % sur l’impôt sur le revenu dont ils bénéficient passerait de 4 439 à 3 000 euros.

Les agents publics ne sont pas épargnés. Le point d’indice, qui sert à calculer une partie de leur rémunération, sera gelé. La pilule passe mal. Plus de 200 000 personnes ont défilé mardi pour défendre leur pouvoir d’achat, selon le ministère de l’Intérieur. Les collectivités devront elles aussi serrer les dents, avec un effort budgétaire de 5,4 milliards d’euros qu’elles qualifient de « disproportionné » et « abusif ». Certains ministères sont mis à contribution, à commencer par celui du Travail, avec 2,5 milliards d’économies.

Côté entreprises, la facture grimpe également. L’exécutif veut limiter les exonérations de cotisations patronales et alourdir de 800 millions d’euros la taxation des exploitants d’autoroutes et d’aéroports. Les produits sucrés sont dans le viseur, avec une taxe présentée comme un outil de lutte contre l’obésité. L’industrie agroalimentaire, les confiseurs et les boulangers ont déjà manifesté leur colère. Si le Premier ministre écarte toute « hausse généralisée d’impôts », les prélèvements obligatoires doivent tout de même grimper à 44,2 % du PIB, contre 43,9 % en 2026, grâce notamment à la réduction de certaines niches fiscales.

Le climat politique, lui, s’annonce électrique. Le Parti socialiste a déjà qualifié le texte de « récessif » et « injuste ». À sept mois de l’élection présidentielle, le risque de censure du gouvernement plane sur les débats. Les deux textes, celui de l’État et celui de la Sécurité sociale, doivent encore passer l’épreuve du Parlement.

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