Société
Dans le Marais, des mères migrantes dorment sous des bâches et leur santé craque
Quelque 400 personnes vivent à la rue au cœur de Paris. Les soignants de Médecins sans frontières assistent à une dégradation physique et mentale…


Quelque 400 personnes vivent à la rue au cœur de Paris. Les soignants de Médecins sans frontières assistent à une dégradation physique et mentale inquiétante.
Sous les grandes bâches bleues tendues aux grilles de la mairie du centre de Paris, les couvertures s’empilent en attendant le soir. Depuis la mi-juillet, les tentes n’ont cessé de pousser dans ce coin du Marais. Le camp réunit aujourd’hui environ 400 personnes, des étrangers en situation régulière et des sans-papiers dont certains ont été évacués d’un autre campement au sud de la capitale il y a plus d’une semaine. Quatre toilettes de chantier ont beau avoir été installées dans le parc voisin, rien ne remplace un toit.
Deux fois par semaine, les équipes de Médecins sans frontières installent une clinique mobile. Le matériel tient sur une table de camping, un tensiomètre, un thermomètre, un saturomètre. Les symptômes paraissent banals, difficultés à respirer, maux de tête, douleurs au dos, bébés qui pleurent. Ce jour-là, une Malienne de 28 ans serre son nourrisson de trois mois. L’enfant va bien, mais la mère a le visage marqué par les larmes. Elle murmure une douleur à la poitrine, pire quand elle a faim, puis se fige, incapable de parler. L’infirmière Anne reconnaît les signes du stress. Elle l’oriente vers un travailleur social et un psychologue pour l’aider à affronter un passé qu’elle décrit comme très difficile.
Vivre dans la rue fait ressurgir les traumatismes, explique la soignante. Les nuits sont hachées, le vent, la pluie et l’absence de sécurité ravivent les angoisses. Ces personnes ne dorment jamais vraiment et s’épuisent. Anne parle d’une violence passive, d’un message envoyé à ces gens, celui qu’ils n’ont aucune valeur humaine puisqu’ils ne méritent pas un abri. Autour d’elle, une Somalienne de 32 ans, Ilmi, dit ne plus pouvoir fermer l’œil. Elle a laissé ses enfants en Éthiopie, au prix d’un déchirement, et vit dehors depuis son arrivée en France en mai. Elle a failli être victime d’un viol avant de réussir à se débattre. Son visage en paraît quinze de plus. Une autre patiente, la cinquantaine, se tient le bas du dos, elle s’est blessée en rampant pour rejoindre sa paillasse. Elle repart avec un anti-inflammatoire. L’infirmière Camille Moreau insiste, les femmes s’effondrent en larmes rien qu’en déclinant leur identité. L’état mental se dégrade de semaine en semaine et il faut trouver une solution.
À lire aussi





Faits DiversEn Ligne 6 joursRachida Dati risque de perdre sa mairie dès sa condamnation



PolitiqueEn Ligne 5 joursOlivier Faure accuse Jordan Bardella de mensonge et lui ferme la porte de Matignon



SociétéEn Ligne 4 joursUne Marche des fiertés très politique défile à Paris avant la présidentielle



PolitiqueEn Ligne 5 joursUn million de voitures électriques à 100 euros par mois, la promesse de Glucksmann aux Français modestes



PolitiqueEn Ligne 3 joursBudget 2027, Wauquiez écarte la censure et promet 20 milliards d’économies de plus



PolitiqueEn Ligne 5 joursLa colère des lycées déborde et met l’exécutif sous pression



SociétéEn Ligne 6 joursBlocages de lycées dans toute la France, Lecornu réunit sa cellule de crise



SociétéEn Ligne 3 joursJusqu’à 500 lycées fermés lundi, 24 établissements saccagés








