Politique
La passe d’armes entre LFI et une ministre qui dit non mais pas tout à fait
Manuel Bompard a lancé une invitation publique à Monique Barbut pour débattre lors des universités d’été insoumises. La ministre refuse net, même si elle…


Manuel Bompard a lancé une invitation publique à Monique Barbut pour débattre lors des universités d’été insoumises. La ministre refuse net, même si elle reconnaît des qualités à la copie écologiste de Jean-Luc Mélenchon.
La scène se passe sur un plateau de radio, mardi matin. Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, prend un ton faussement solennel pour interpeller la ministre de la Transition écologique. Il lui propose de venir discuter à Valence, où le mouvement tient ses universités d’été à partir de jeudi. Sur le fond de l’écologie, il dit vouloir un vrai débat, avec les idées des deux bords. Il le reconnaît lui-même, les points d’accord ne seront peut-être pas nombreux, mais l’échange lui paraît utile pour le pays.
La réponse de Monique Barbut ne se fait pas attendre. Sur LinkedIn, elle remet les pendules à l’heure. Elle n’a jamais encensé le programme de Mélenchon. Elle dit avoir avec lui de profonds désaccords. Et elle ne mettra pas les pieds à Valence. Cette mise au point vise à couper court à toute interprétation, notamment après un long entretien donné la veille à un quotidien national. Dans cet entretien, la ministre avait nuancé son regard sur le leader insoumis. Elle le décrivait comme celui qui intègre le mieux la question climatique dans sa vision économique et sociale, tout en précisant qu’il n’était pas sa tasse de thé.
Ce qui semble être une contradiction n’en est pas une pour elle. On peut reconnaître la pertinence d’une méthode sans adhérer à une philosophie politique. C’est la distinction qu’elle martèle. La ministre souligne aussi un point central pour sa génération politique. Le dérèglement climatique va devenir un moteur majeur d’injustice sociale. Les personnes qui travaillent dehors pendant les canicules ne sont pas les plus riches. Une pique à ses adversaires qui ne jurent que par les solutions technologiques, sans regarder les inégalités derrière. Elle promet de réunir à la rentrée toutes les formations politiques qui portent des propositions sur l’adaptation au changement climatique.
Interrogé sur cette initiative, Manuel Bompard n’y va pas avec le dos de la cuillère. Une rencontre élargie à toute la gauche, comme le propose Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes ? Il balaie l’idée. Il y voit un énième rendez-vous sans contenu, sans candidat, sans projet. Une façon, selon lui, de faire perdre du temps. La seule porte qu’il laisse ouverte, c’est celle du soutien à la campagne de Mélenchon. Les Écologistes, les Communistes, et tous ceux qui le souhaitent peuvent s’engager, à condition d’être clairs, cohérents et soudés. En attendant, l’invitation à la ministre reste sur la table. Mais elle a déjà fait savoir qu’elle ne viendrait pas.
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