Faits Divers
La Cour suprême américaine ouvre la voie à l’expulsion de centaines de milliers de migrants
La plus haute juridiction des États-Unis donne un blanc-seing à l’administration Trump pour révoquer le statut de protection temporaire de 350 000…


La plus haute juridiction des États-Unis donne un blanc-seing à l’administration Trump pour révoquer le statut de protection temporaire de 350 000 Haïtiens et 6 000 Syriens. Une décision qui pourrait menacer plus d’un million de personnes.
Les neuf juges de la Cour suprême ont tranché. Par une majorité conservatrice, ils estiment que la justice n’a pas le droit de contrôler les décisions du pouvoir exécutif concernant le statut de protection temporaire, le TPS. Concrètement, le gouvernement peut désormais supprimer cette protection sans passer par un juge. Le TPS est un bouclier pour les immigrés venus de pays en guerre, frappés par une catastrophe naturelle ou confrontés à des conditions « extraordinaires ». Il les protège de l’expulsion et leur donne le droit de travailler. Pour les 350 000 Haïtiens concernés, c’est l’incertitude totale.
La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, avait déjà révoqué le TPS pour une quinzaine de nationalités. Cela concernait plus d’un million de personnes. Mais ces décisions étaient bloquées par des recours en justice. Jusqu’à aujourd’hui. La Cour suprême estime que ces recours n’avaient pas lieu d’être. Le juge conservateur Samuel Alito, qui a rédigé l’arrêt, balaie aussi l’argument des plaignants haïtiens. Ils affirmaient que la révocation du TPS était motivée par une « hostilité raciale » de Donald Trump envers les immigrés non blancs. Pour Alito, les propos du président, pourtant insultants, n’avaient « pas de caractère ouvertement racial ». Pourtant, à l’audience en avril, l’avocat du gouvernement avait dû défendre les déclarations de Trump sur les « pays de merde ». Il avait expliqué que ces propos étaient sortis de leur contexte et visaient des problèmes de criminalité et de pauvreté.
Cette décision ne concerne pas seulement les Haïtiens et les Syriens. L’ONG Global Refuge a prévenu : « elle menace les protections dont bénéficient plus d’un million de personnes de 17 pays ». L’avocat des immigrés syriens avait résumé la situation devant la Cour : « Le gouvernement interprète la loi comme un chèque en blanc. Il s’agit du pouvoir d’expulser massivement des gens qui n’ont rien fait de mal vers des pays qui restent risqués. » Le département d’État américain recommande d’ailleurs aux voyageurs se rendant en Syrie de « laisser un échantillon d’ADN et de rédiger un testament avant de partir ». Un conseil qui en dit long sur les dangers qui attendent ceux qui pourraient être renvoyés de force.
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