Économie
Les médecins légistes n’ont pas su dire comment Lyhanna est morte
L’autopsie de la fillette de 11 ans n’a pas permis d’établir la cause précise du décès. Mais elle a confirmé un viol et des marques d’entrave, relançant…


L’autopsie de la fillette de 11 ans n’a pas permis d’établir la cause précise du décès. Mais elle a confirmé un viol et des marques d’entrave, relançant les questions sur les ratés judiciaires.
Les trois légistes qui ont examiné le corps de Lyhanna l’ont écrit noir sur blanc. La cause de la mort ne peut pas être déterminée avec certitude. Pourtant, leurs constatations sont accablantes. La petite de 11 ans, retrouvée morte début juin dans le Gers quelques jours après sa disparition, présentait des lésions aux membres, profondes, « hautement évocatrices d’une entrave ». Son corps n’était pas ligoté au moment de la découverte, mais ces marques ne laissent aucun doute. Il y avait aussi des contusions à l’intérieur de la bouche et au niveau des lèvres. Les analyses biologiques, combinées à ces observations, permettent de conclure à un viol. Le parquet d’Agen a donc élargi les charges contre le principal suspect, Jérôme Barella. Il est désormais mis en cause pour meurtre sur mineure de moins de quinze ans précédé ou accompagné d’un viol, et pour viol avec violence. Des crimes passibles de la réclusion criminelle à perpétuité.
Mais les zones d’ombre restent épaisses. Pourquoi Lyhanna est-elle morte ? Les légistes n’ont trouvé aucune lésion traumatique au niveau du cou, ni de blessure interne qui expliquerait son décès. Ils réclament des examens complémentaires, notamment en anatomopathologie et des analyses toxicologiques. Ces processus sont longs, prévient le parquet. En attendant, les familles et l’opinion publique attendent des réponses. L’affaire a pris une ampleur politique. Des magistrats, notamment ceux du parquet d’Auch, sont sous le feu des critiques. Des ratés dans la procédure auraient permis à Jérôme Barella d’échapper à toute interpellation malgré des plaintes et signalements pour violences sexuelles sur d’autres mineurs, certains remontant à 2017.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, est lui aussi visé. Des élues de tous bords, comme Mathilde Panot ou Marine Le Pen, ont réclamé sa démission ou dénoncé la « clochardisation de la justice ». Les parents de Lyhanna, eux, appellent à ne pas politiser le drame. Ils demandent que les investigations se poursuivent sereinement et que l’image de leur fille soit respectée. Ils regrettent que des montages utilisant l’intelligence artificielle aient détourné son visage. Dans ce climat tendu, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé l’examen d’une proposition de loi contre les violences sexistes et sexuelles à l’Assemblée nationale à l’automne. Une promesse qui sonne comme une réponse à une affaire qui a secoué le pays.
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