Faits Divers
L’urgence bafouée le rapport accablant sur l’affaire Lyhanna
Un rapport d’inspection pointe du doigt les erreurs du parquet et de la gendarmerie du Gers dans le suivi de la plainte de la jeune Lyhanna. La justice…


Un rapport d’inspection pointe du doigt les erreurs du parquet et de la gendarmerie du Gers dans le suivi de la plainte de la jeune Lyhanna. La justice n’a pas traité le dossier comme une urgence malgré le profil dangereux du suspect.
Lundi, un rapport conjoint de deux inspections a été remis au Premier ministre. Il met en lumière un enchaînement de retards et une absence totale de suivi. La plainte déposée en août 2025 par la mère de Lyhanna, une enfant de 10 ans, n’a jamais été considérée comme prioritaire. Le caractère sensible de l’affaire n’a pas été relayé aux bons services. La procédure est restée bloquée entre deux départements sans que le suspect, Jérôme Barella, ne soit jamais entendu.
Pourtant, cet homme était déjà visé par plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles sur des enfants. Le rapport souligne que l’urgence n’a pas été prise en compte face à son profil. La plainte a fait deux fois la navette entre la Haute-Garonne et le Gers. Résultat un cumul de pertes de temps qui a permis au suspect de rester libre. Aujourd’hui, Lyhanna est morte et la colère monte.
Ce rapport fragilise directement le garde des Sceaux Gérald Darmanin. Dès les premières heures, il avait pointé des dysfonctionnements individuels sans attendre les conclusions de l’enquête. Les syndicats de magistrats dénoncent une avalanche de priorités et un manque criant de moyens. Des rassemblements sont prévus devant plusieurs tribunaux pour réclamer une meilleure protection des victimes. La famille de Lyhanna envisage même de déposer une plainte contre l’État pour faute lourde.
Des sanctions pourraient tomber si des fautes professionnelles sont établies. Le ministre de l’Intérieur assure sa confiance aux enquêteurs et refuse de jeter le discrédit sur leur travail. Les responsables politiques multiplient les propositions de la castration chimique à de nouveaux crédits pour la justice. Mais pour beaucoup, le problème est systémique. Les métiers de la justice sont dans une situation intenable et un simple changement de personne ne suffira pas à réparer ce qui a permis à un prédateur d’agir sans entrave.
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