Le ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, annonce que l’abaya ne sera plus autorisée à être portée à l’école à partir de la rentrée du 4 septembre, suscitant des réactions contrastées.
Le port de l’abaya à l’école en France sera désormais interdit à partir de la rentrée du 4 septembre, a annoncé dimanche le ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal. Cette décision, l’une des mesures phares prises au nom de la laïcité, vise à mettre fin aux controverses entourant cette longue robe traditionnelle portée par certaines élèves musulmanes.
« J’ai décidé qu’on ne pourrait plus porter d’abaya à l’école », a déclaré fermement Gabriel Attal lors d’une interview sur TF1 dimanche soir. Le ministre, qui avait dès son entrée en fonction cet été exprimé son intention d’être ferme sur les questions de laïcité, considère le port de l’abaya comme un geste religieux visant à tester les limites de la République dans le contexte de l’école.
« Vous rentrez dans une salle de classe, vous ne devez pas être capable d’identifier la religion des élèves en les regardant », a-t-il expliqué. La question de cette tenue vestimentaire traditionnelle est sensible et a fait l’objet de débats au sein de la société française. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) soutient que l’abaya n’est pas un signe religieux musulman, tandis que d’autres considèrent qu’elle peut être interprétée comme telle.
Selon la loi du 15 mars 2004 en France, le port de signes ou tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse est interdit dans les écoles publiques. Cependant, l’appréciation du caractère religieux de certaines tenues, dont l’abaya, peut être difficile.
Le ministre Attal a exprimé son intention de rencontrer les responsables d’établissements scolaires dès la semaine prochaine pour discuter de la mise en œuvre de cette interdiction et leur fournir des directives claires.
Les atteintes à la laïcité ont connu une augmentation significative, en particulier depuis l’assassinat du professeur Samuel Paty en 2020. Selon une note des services de l’État, ces atteintes ont augmenté de 120% entre les années scolaires 2021/2022 et 2022/2023. Les signes et tenues religieux représentent la majorité de ces atteintes, avec une augmentation de plus de 150% au cours de la dernière année scolaire.
La décision du ministre a été accueillie avec des réactions contrastées. Certains applaudissent la clarification des règles laïques, tandis que d’autres, notamment à gauche, critiquent l’interdiction jugée anticonstitutionnelle et accusent le gouvernement de prendre une position politique.
La décision de Gabriel Attal d’interdire l’abaya à l’école s’inscrit dans un contexte plus large de débats autour de la laïcité et des symboles religieux dans l’éducation en France.
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