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Glyphosate : Bayer face à une famille déterminée dans un procès historique

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_**Une bataille judiciaire oppose le géant allemand à des parents convaincus que l’herbicide a causé le handicap de leur fils.**_

Devant le tribunal de Vienne, en Isère, le groupe Bayer a fermement rejeté toute responsabilité dans les malformations congénitales d’un adolescent de 17 ans. Les parents de Théo Grataloup estiment pourtant que l’exposition in utero au glyphosate, un herbicide largement utilisé, est à l’origine des graves problèmes de santé de leur fils. L’affaire, inédite en France, pourrait créer un précédent juridique pour d’autres victimes présumées des pesticides.

Lors de l’audience, les avocats de Bayer ont argué de l’absence de preuves scientifiques établissant un lien entre le glyphosate et les malformations constatées. Ils ont également contesté la fiabilité des témoignages invoqués par la famille, qualifiant certaines pièces du dossier d' »impropres ». La défense a en outre tenté de rejeter la responsabilité sur une filiale belge du groupe, une stratégie dénoncée par les représentants des plaignants comme une manœuvre dilatoire.

Théo, né avec une malformation de l’œsophage et de la trachée, a subi 55 interventions chirurgicales au cours de sa vie. Sa mère, Sabine Grataloup, affirme avoir manipulé à plusieurs reprises du glyphosate pendant sa grossesse, sans protection, alors qu’elle ignorait être enceinte. Les avocats de la famille soulignent la cohérence des éléments temporels et l’absence d’autres causes plausibles pour étayer leur demande.

Ce procès s’inscrit dans un contexte plus large de controverses autour du glyphosate, classé comme « cancérogène probable » par l’OMS en 2015. Bien que son usage domestique soit interdit en France depuis 2018, son autorisation a été renouvelée pour dix ans au niveau européen fin 2023. Bayer, qui a hérité des litiges liés au glyphosate après le rachat de Monsanto, a déjà dû verser des milliards de dollars en indemnités aux États-Unis.

La décision du tribunal, attendue pour le 31 juillet, sera scrutée de près. Une victoire des Grataloup ouvrirait potentiellement la voie à de nouvelles actions en justice, renforçant la pression sur les industriels des pesticides. En attendant, la famille, qui se compare à un « David contre Goliath », espère faire reconnaître la dangerosité d’un produit au cœur d’un débat mondial.

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