Monde
Cuba bascule dans l’ère des magasins en dollars, un remède controversé
Face à une crise économique persistante, l’île mise sur les devises étrangères, creusant le fossé social.
Le gouvernement cubain a lancé une nouvelle stratégie pour tenter de redresser son économie à bout de souffle. Des supermarchés exclusivement réservés aux paiements en dollars ont vu le jour, une première depuis près de vingt ans. Cette mesure vise à capter les devises circulant dans le pays, mais elle suscite des craintes quant à l’aggravation des inégalités.
Dans ces enseignes flambant neuves, situées notamment dans des quartiers huppés comme Miramar, les rayons regorgent de produits introuvables ailleurs. Œufs, huile, viande… les denrées de base y sont disponibles, contrairement aux magasins traditionnels où les étagères restent désespérément vides. Seule condition pour en profiter, disposer de billets verts, une monnaie inaccessible pour la majorité des Cubains, dont le salaire moyen ne dépasse pas 42 dollars.
Cette dollarisation partielle de l’économie pose un problème majeur. Si les dépenses quotidiennes se font en devises, les revenus de la population, eux, restent libellés en pesos. Une situation qui exclut mécaniquement ceux ne bénéficiant pas de soutien financier depuis l’étranger. Les transferts d’argent de la diaspora constituent en effet la deuxième source de devises du pays, après le tourisme en berne depuis la pandémie.
Les autorités justifient cette politique comme un mal nécessaire pour lutter contre le marché noir et reconstituer les réserves de l’État. Pourtant, les experts soulignent les risques de cette approche. Une fois engagé dans la dollarisation, un pays éprouve généralement d’immenses difficultés à en sortir. L’histoire récente de Cuba en témoigne, avec ses alternances entre interdiction et autorisation du dollar depuis la révolution castriste.
Sur le terrain, la population réagit avec un mélange de résignation et d’amertume. Certains surnomment déjà ces supermarchés « le prince et le pauvre », en référence au contraste saisissant entre ces temples de la consommation et les échoppes locales aux rayons dégarnis. Pour des familles comme celle de Michael, ancien professeur reconverti dans le secteur privé, ces lieux restent symboles d’une fracture sociale grandissante.
Alors que de nouveaux magasins en dollars doivent ouvrir à travers le pays, le débat sur l’efficacité et l’équité de cette mesure ne fait que commencer. Entre nécessité économique et justice sociale, Cuba navigue en eaux troubles, cherchant désespérément une issue à une crise multiforme qui dure depuis trop longtemps.
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