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Prolonger les centrales au-delà de 60 ans, l’ASNR ne repère pas d’obstacle rédhibitoire

L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection estime qu’aucun blocage incontournable n’empêche, en l’état des connaissances, de faire fonctionner…

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Prolonger les centrales au-delà de 60 ans, l’ASNR ne repère pas d’obstacle rédhibitoire

L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection estime qu’aucun blocage incontournable n’empêche, en l’état des connaissances, de faire fonctionner les réacteurs d’EDF après 60 ans. Des travaux techniques restent toutefois nécessaires pour confirmer les solutions envisagées et préparer le réexamen de sûreté.

L’ASNR a passé en revue les points qui pourraient rendre impossible la poursuite d’exploitation au-delà de 60 ans. Son président, Pierre-Marie Abadie, indique qu’aucun obstacle insurmontable n’a été trouvé pour les réacteurs dont EDF dispose de leviers d’action. La prudence reste de mise. Cette position vaut pour l’état actuel des connaissances. Plusieurs dossiers techniques demandent encore un travail conséquent de la part de l’électricien public. Il faudra démontrer l’efficacité des solutions retenues, puis les intégrer à la démonstration de sûreté soumise au réexamen des 60 ans. La vigilance doit aussi rester forte, avec une détection précoce du vieillissement et des dégradations. Un impératif pour un parc nucléaire très standardisé.

Un projet d’avis de l’ASNR est soumis à consultation publique jusqu’au 2 décembre. L’avis définitif viendra ensuite. EDF attend vivement cette échéance. Les 56 réacteurs entrés en service dans les années 1980 l’ont été sur une quinzaine d’années. Sans prolongation, ils pourraient s’arrêter définitivement sur une période assez courte. La démarche consiste donc à anticiper, en examinant dès maintenant ce qui se jouera à l’horizon des 60 ans. Elle répond aussi à un enjeu de sûreté systémique. L’objectif est d’éviter que les pouvoirs publics aient un jour à arbitrer entre sûreté et sécurité d’approvisionnement.

Attention, ce projet ne vaut ni réexamen anticipé des 60 ans, prévu vers 2030-2040, ni autorisation de prolongation par avance. Les réacteurs sont autorisés sans limitation de durée. EDF doit réaliser un examen approfondi tous les dix ans. L’ASNR en examine les conclusions et peut encadrer la poursuite du fonctionnement. Les points sensibles ont été passés au crible. Vieillissement d’équipements ou de structures essentielles à la sûreté, difficiles ou impossibles à remplacer. La cuve du réacteur, le puits de cuve ou certains coudes du circuit primaire figurent parmi les exemples cités.

Le parc français module depuis longtemps sa production. Ce phénomène s’accentue avec le développement des renouvelables, dont la production est très intermittente. Le climat ajoute une incertitude de long terme. Les canicules ont déjà montré des effets sur les centrales. La connaissance scientifique sur l’impact du changement climatique continue d’évoluer. EDF dispose néanmoins de leviers, comme le changement d’équipements ou le renforcement des retenues en amont. D’ici le réexamen des 60 ans, la feuille de route issue de l’instruction devra être mise en œuvre. Les enjeux d’amélioration de la sûreté à l’horizon 2035 devront aussi être identifiés. Ils nourriront ensuite un examen générique pour tous les réacteurs et un examen site par site, chaque réacteur ayant ses spécificités et ses conditions locales.

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