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Marco Rubio mise sur l’Asie pour damer le pion à Moscou et Pékin

Le chef de la diplomatie américaine entame samedi une tournée en Asie centrale puis en Inde. Objectif affiché, resserrer les liens commerciaux et peser…

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Marco Rubio mise sur l'Asie pour damer le pion à Moscou et Pékin

Le chef de la diplomatie américaine entame samedi une tournée en Asie centrale puis en Inde. Objectif affiché, resserrer les liens commerciaux et peser face à la Russie et à la Chine.

Marco Rubio prend la route. Le secrétaire d’État américain démarre samedi soir un périple en Asie centrale et du Sud, avec une idée fixe, renforcer les liens économiques et grignoter l’influence de Moscou et de Pékin. Le contexte n’a rien de simple. Washington est englué dans son conflit avec l’Iran, la guerre en Ukraine ne faiblit pas, et la campagne pour les élections de mi-mandat du 3 novembre bat son plein. Rubio, lui, enchaîne les déplacements à l’étranger, après l’Europe et l’Amérique latine. Les dossiers les plus brûlants, Iran, Ukraine, Gaza, il les a largement confiés aux émissaires de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner.

Cap sur l’Ouzbékistan d’abord, avec une délégation commerciale de 200 chefs d’entreprise. Lundi, à Samarcande, il participera à une réunion ministérielle des cinq pays d’Asie centrale. Un haut responsable du département d’État évoque la volonté de « renforcer le partenariat à travers l’Asie centrale », énergie en tête. La région est vaste comme l’Union européenne mais ne compte que 80 millions d’habitants, pour des réserves de matières premières considérables. Un autre responsable, sous couvert d’anonymat, parle d’une visite préparée depuis des mois et d’une « formidable occasion de renforcer la présence des États-Unis dans une région vitale du monde ».

Le format C5+1 réunit le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan. Donald Trump avait reçu leurs dirigeants en novembre dernier. Ces pays restent liés à Moscou par des réseaux énergétiques, migratoires et sécuritaires, mais l’emprise russe recule depuis le début de la guerre en Ukraine, au profit de la Chine. Pékin est le premier partenaire commercial de toutes ces républiques, et ses entreprises multiplient les contrats, du gaz turkmène à l’uranium kazakh en passant par les terres rares tadjikes. Washington a fait des minéraux critiques et de la diversification énergétique des axes majeurs de sa politique étrangère. L’ambassadeur américain en Inde, Sergio Gor, également envoyé spécial pour l’Asie centrale et du Sud, milite depuis longtemps pour ce rapprochement.

Après l’Ouzbékistan, direction l’Inde, à Mumbai puis Jamnagar, dans le Gujarat, villes industrielles et portuaires. Ce sera sa deuxième visite officielle dans le pays après un passage à Delhi et Calcutta en mai. Un responsable américain assure que l’on est « très proches de conclure » un accord commercial négocié depuis des mois. En février, les deux pays avaient signé un accord provisoire pour réduire les droits de douane américains sur les produits indiens. Mais quelques jours plus tard, la Cour suprême a invalidé les droits de douane généralisés, semant le doute sur la date d’entrée en vigueur. Les discussions reprennent depuis. Les relations s’étaient aussi tendues quand Donald Trump avait frappé de 25 % de taxes les produits indiens, en raison des achats de pétrole russe du pays, avant de les retirer. À Mumbai et Jamnagar, Rubio mêlera diplomatie et affaires, avec au menu la raffinerie du Texas que Reliance Industries compte financer, un conglomérat dirigé par un richissime magnat indien.

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