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À Hanoï, le parfum des arbres à fleurs blanches ne fait plus l’unanimité

Leurs fleurs ont nourri des poèmes et des chansons. À Hanoï, l’odeur entêtante des alstonias pousse aujourd’hui la municipalité à élaguer un millier…

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À Hanoï, le parfum des arbres à fleurs blanches ne fait plus l'unanimité

Leurs fleurs ont nourri des poèmes et des chansons. À Hanoï, l’odeur entêtante des alstonias pousse aujourd’hui la municipalité à élaguer un millier d’arbres.

Elles font partie du décor depuis toujours. Plus de 14 400 alstonias poussent dans les rues de la capitale vietnamienne, des arbres hauts et touffus dont les fleurs blanches, surnommées localement « fleurs de lait », libèrent à l’automne un parfum très puissant. Le problème, c’est que ce parfum ne passe plus. Les plaintes se sont accumulées au fil des ans, et la ville a lancé l’élagage d’un millier de ces arbres.

Tran Trung Phong, 56 ans, fait partie de ceux qui n’en peuvent plus. Il décrit une odeur si forte qu’elle en devient désagréable, surtout quand la chaleur monte, et dit souffrir de maux de tête et de difficultés à respirer. Sa maison, explique-t-il, est directement assaillie par les arbres du quartier. Une autre habitante, Thanh Luong, raconte sur les réseaux sociaux que sa chambre se situe à cent mètres de deux de ces arbres. C’est de la torture, écrit-elle, avant de lancer que seuls ceux qui n’habitent pas à proximité les trouvent romantiques et leur prêtent un parfum agréable. Un sondage en ligne a de quoi confirmer ce ras-le-bol, avec 80 % des personnes interrogées favorables à l’abattage ou au déplacement des arbres.

Le sujet n’est pourtant pas tranché. Pour Lan Huong, ces arbres font partie de l’identité de la ville et apportent une touche de verdure dans des rues très polluées. Le hoa sua est l’emblème de Hanoï, tout le monde le sait et l’accepte, assure-t-elle. Ces arbres, répandus dans une grande partie de l’Asie, apparaissent dans de nombreux poèmes et chansons qui célèbrent la capitale. Difficile, donc, de les traiter comme un simple problème d’odeur.

Les autorités marchent sur une ligne de crête. Dans un communiqué, elles reconnaissent volontiers que ces arbres constituent un élément emblématique de l’automne local et qu’ils contribuent à l’identité urbaine si particulière de Hanoï. Elles admettent dans le même souffle que leur odeur a un impact négatif sur la santé et la vie quotidienne des habitants, ainsi que sur la qualité générale du cadre de vie. La municipalité dit désormais évaluer le déplacement de certains pieds pour les remplacer par d’autres essences.

L’histoire a déjà connu des épisodes similaires. En 2019, une centaine de hoa sua avaient été transférés en périphérie de la ville. Un projet comparable, prévu en 2023, avait en revanche échoué face aux objections des habitants. Entre le symbole et la gêne quotidienne, Hanoï doit encore trouver le bon équilibre.

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