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Le Brésil passe à 40 heures par semaine, et Lula y voit un tournant
Le Parlement brésilien a validé une réforme qui ramène la semaine de travail de 44 à 40 heures et ouvre droit à deux jours de repos hebdomadaires. En…


Le Parlement brésilien a validé une réforme qui ramène la semaine de travail de 44 à 40 heures et ouvre droit à deux jours de repos hebdomadaires. En campagne pour le second tour, Lula compte bien transformer cette conquête sociale en argument politique.
C’est une avancée que des millions de salariés attendaient. Le Sénat brésilien a approuvé à 75 voix contre une seule une réforme constitutionnelle qui ramène la semaine légale à 40 heures, contre 44 actuellement, et qui donne droit à deux jours de repos par semaine au lieu d’un. Beaucoup de Brésiliens enchaînent encore six jours de travail pour une seule journée de pause, un rythme que tout le monde appelle le « 6×1 ». La mise en œuvre se fera par étapes, sur les quatorze mois à venir. Le texte avait déjà franchi l’étape de la Chambre des députés au mois de mai.
Pour Lula, l’enjeu dépasse largement le droit du travail. Le président de gauche, âgé de 80 ans, porte cette idée depuis des mois et en a fait un axe central de sa campagne face au sénateur conservateur Flavio Bolsonaro, qu’il retrouve au second tour. Au premier tour, l’ancien syndicaliste est arrivé derrière son rival, avec 45 % des suffrages contre 47 % pour le fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Son équipe de campagne veut croire que la réduction du temps de travail va lui redonner de l’élan. Les enquêtes d’opinion annoncent une course serrée, avec 46 % d’intentions de vote pour Flavio Bolsonaro contre 44 % pour Lula, dans une marge d’erreur de deux points.
Le parcours du texte raconte aussi la pression de la rue. Les grandes manifestations pro-Lula organisées dans plusieurs métropoles ces derniers jours avaient fait de la baisse du temps de travail leur principale revendication. Juste après le vote, des sénateurs ont entonné des chants à la gloire du président. Le rapporteur du projet, Omar Aziz, y voit « la plus importante victoire des travailleurs brésiliens depuis la Constitution de 1988 ».
Flavio Bolsonaro, lui, avait d’abord dénoncé un texte « opportuniste » avant de se rallier. « Je parcours le Brésil, la majorité des travailleurs brésiliens veulent la fin du 6×1, donc je vais voter pour », a-t-il justifié. Lula n’a pas laissé passer ce revirement. Il a averti que ses adversaires votaient par « opportunisme électoral » et appelé ses partisans à rester sur leurs gardes. Un sénateur de la majorité, Veneziano Vital do Rêgo, a prévenu de son côté que la proposition ne tiendrait que si un gouvernement réellement attaché au progrès et aux causes sociales était au pouvoir.
Face à cette réforme, le camp conservateur défendait une tout autre logique, laissant chaque salarié négocier ses horaires avec son patron. Flavio Bolsonaro a aussi porté un plan de coupes dans les dépenses publiques directement inspiré du président argentin ultralibéral Javier Milei. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Lula a savouré une victoire née « dans la rue », fruit de « l’aspiration historique des travailleurs », persuadé qu’elle ne pourra plus jamais être remise en question.
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