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Macron s’envole vers le Golfe pour faire baisser la facture à la pompe

Le chef de l’Etat entame du 19 au 21 octobre une tournée de quatre pays du Golfe avec un objectif très concret, décrocher plus de diesel et de pétrole…

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Macron s'envole vers le Golfe pour faire baisser la facture à la pompe

Le chef de l’Etat entame du 19 au 21 octobre une tournée de quatre pays du Golfe avec un objectif très concret, décrocher plus de diesel et de pétrole pour la France. Derrière les poignées de main, il s’agit aussi de sécuriser des routes maritimes sous tension et de défendre les intérêts économiques tricolores.

Emmanuel Macron prend la direction du Golfe du 19 au 21 octobre. Quatre pays au programme, le Koweït, les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Qatar. La raison de ce périple est simple et parle à tout le monde. Il s’agit d’obtenir davantage de diesel et de pétrole, avec l’espoir que cela se ressente à la pompe en France. L’idée n’est pas d’agir directement sur les prix, mais de faire venir des volumes supplémentaires, ce qui, en cascade, pourrait peser sur les tarifs. Le président ne partira pas les mains vides. Il sera entouré de hauts responsables des deux plus gros groupes énergétiques français, TotalEnergies et Engie, histoire de transformer les bonnes intentions en contrats.

Le contexte donne à cette tournée une saveur particulière. L’approvisionnement en hydrocarbures venant du Golfe est aujourd’hui chahuté sur deux points de passage stratégiques. Le détroit d’Ormuz d’abord, perturbé depuis le début de la crise entre Washington et Téhéran en février. Le détroit de Bab el-Mandeb ensuite, où s’affrontent forces yéménites et Houthis soutenus par l’Iran. Résultat, les routes habituelles deviennent incertaines, et Paris cherche des moyens de sécuriser les voies maritimes, mais aussi des itinéraires alternatifs pour faire circuler les hydrocarbures liquides. Ces discussions, Macron les mènera directement avec les dirigeants de la région, l’émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, le président émirati Mohamed ben Zayed Al-Nahyane, l’émir du Koweït Mechaal al-Ahmad Al-Sabah et le roi de Bahreïn Hamad ben Issa Al Khalifa. Il profitera aussi de ces tête-à-tête pour faire le point sur la situation régionale, alors que ces pays sont en première ligne depuis le début de la crise irano-américaine.

Au-delà du carburant, la visite a une forte dimension économique et stratégique. L’objectif affiché est de renforcer les partenariats, de consolider la place des entreprises françaises dans la région, de stimuler les investissements de ces pays en France et de resserrer la coopération sur la défense et la sécurité. Les dossiers sont déjà sur la table. Avec l’émir du Koweït lundi matin, il sera question de défense, d’infrastructures et de santé. Avec son homologue émirati, les échanges porteront sur la défense, la sécurité, les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle, un pilier du partenariat entre les deux pays. Un centre de données financé par les Emirats est d’ailleurs en construction en France, dans le cadre d’un accord d’investissements de 50 milliards d’euros. Au Qatar, où la visite prend une dimension d’Etat, comme à Manama, la capitale de Bahreïn, la même logique prévaut, intensifier les échanges économiques et de défense.

Une absence a de quoi surprendre, celle de l’Arabie saoudite, cible régulière des attaques houthies. Interrogée sur ce point, la présidence française a botté en touche, rappelant que les deux pays entretiennent des contacts permanents et que le prince héritier Mohammed ben Salmane s’était rendu à Paris en août. Ce déplacement s’inscrit enfin dans un contexte militaire plus large. La France a déployé au printemps son porte-avions Charles de Gaulle, des avions Rafale, une frégate et des moyens de défense antiaérienne au Moyen-Orient. Une manière de protéger ses intérêts et ses alliés, exposés aux ripostes iraniennes après les frappes israélo-américaines. La tournée de Macron n’est donc pas qu’une affaire de barils. C’est aussi une manière de tenir son rang sur un échiquier régional sous haute tension.

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