Nous rejoindre sur les réseaux

Faits Divers

Incendie de Saint-Laurent-de-la-Salanque, jusqu’à trente ans de prison pour un brasier allumé pour toucher

Deux frères qui voulaient empocher l’indemnisation de leur supérette ont été condamnés à trente ans de réclusion, et leur exécutant à vingt-cinq ans. Le…

Article

le

Incendie de Saint-Laurent-de-la-Salanque, jusqu'à trente ans de prison pour un brasier allumé pour toucher l'assurance

Deux frères qui voulaient empocher l’indemnisation de leur supérette ont été condamnés à trente ans de réclusion, et leur exécutant à vingt-cinq ans. Le feu avait ravagé deux immeubles et tué huit personnes, dont deux bébés.

La cour d’assises des Pyrénées-Orientales a tranché mercredi. Khaled et Raouf Ben Abdeljelil, 46 et 44 ans, écopent chacun de trente ans de réclusion criminelle pour avoir commandité l’incendie de l’épicerie du premier. Le jeune homme qui a craqué l’allumette, Madjid Mekhelfi, est condamné à vingt-cinq ans. Les trois hommes se voient aussi frappés d’une interdiction définitive de séjour sur le territoire français. Les deux frères sont Tunisiens, le troisième Algérien. La décision reprend mot pour mot les réquisitions du ministère public.

Les faits remontent à la nuit du 13 au 14 février 2022. Une explosion souffle une épicerie de Saint-Laurent-de-la-Salanque, bourg de 10.000 habitants aux portes de Perpignan. Le feu grimpe aussitôt vers les appartements situés au-dessus. Huit personnes n’en réchapperont pas, parmi lesquelles deux enfants en bas âge. Une famille entière de cinq personnes est décimée, des parents d’une vingtaine d’années, leurs petits de 4 ans et 18 mois, et le père de la jeune femme.

Au-dessus du commerce, une autre famille survit et raconte l’enfer aux enquêteurs. Réveillée par un « boum » qui a soulevé son lit, la mère a dû retenir sa fille de force pour l’empêcher de passer par un trou béant dans le plancher, à travers lequel on voyait les flammes avaler la boutique. Ce récit a profondément marqué les esprits bien au-delà du département.

Côté mobile, la justice a suivi la piste de l’argent. Les affaires des deux frères battaient de l’aile, et tous deux caressaient le projet d’acheter ensemble un bar. La juge d’instruction a retenu l’idée d’un stratagème, faire brûler la supérette pour récupérer le chèque de l’assurance et financer ce nouveau commerce. Le parquet a résumé la mécanique en parlant d’une « interaction entre ces trois hommes », sans laquelle ce drame n’aurait pas eu lieu.

Les deux frères ont nié jusqu’au bout, tout au long de l’enquête comme pendant le procès, en minimisant leurs liens avec Madjid Mekhelfi. Difficile pourtant d’ignorer les témoignages, qui le disent hébergé chez le cadet et parfois présent pour donner un coup de main à l’épicerie. Le jeune homme, lui, a reconnu les faits. Retrouvé grièvement brûlé près du commerce, il avait 27 ans à l’époque et affirme avoir agi sur demande, en échange d’un emploi et d’un coup de pouce pour régulariser sa situation.

Du côté des parties civiles, le verdict est accueilli avec soulagement. L’avocat de la famille de la jeune mère disparue évoque des clients apaisés, parce que « la vérité judiciaire est tombée ». Il le formule sans détour, à défaut d’avoir entendu la vérité sortir de la bouche des accusés, c’est une cour d’assises qui l’a dite. La défense, elle, accuse le coup. Le conseil de Raouf Ben Abdeljelil estime que « le pire » s’est produit, redoutant que l’émotion prenne le pas sur la raison, ce qui selon lui est arrivé. Celui de Madjid Mekhelfi juge les vingt-cinq ans « inadaptés » à la personnalité de son client et à la sincérité de son témoignage, espérant une peine plus mesurée. Les avocats de Khaled Ben Abdeljelil n’ont rien voulu dire à la sortie.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus