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Le kérosène flambe, les compagnies aériennes n’ont plus de marge

Le prix du carburant a bondi d’environ 70 % en un an et met le transport aérien sous tension. Pour l’économiste en chef de leur organisation…

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Le kérosène flambe, les compagnies aériennes n'ont plus de marge

Le prix du carburant a bondi d’environ 70 % en un an et met le transport aérien sous tension. Pour l’économiste en chef de leur organisation professionnelle, les compagnies les plus fragiles risquent la faillite ou le rachat.

Marie Owens Thomsen ne mâche pas ses mots. L’économiste en chef de l’Association du transport aérien international (Iata) décrit un secteur qui encaisse de plein fouet la hausse des prix du carburant. Le kérosène coûte aujourd’hui environ 70 % de plus qu’il y a un an, alors qu’il pèse d’ordinaire 31 % des coûts de base d’une compagnie. Pour mesurer l’ampleur du choc, elle prend l’image d’un ménage qui consacrerait 25 % à 30 % de ses revenus au logement et verrait cette facture grimper d’un coup de 70 %. La panique serait immédiate. Les transporteurs aériens, eux, vivent avec cette menace permanente au-dessus de la tête.

La transition écologique complique encore l’équation. Les compagnies veulent réduire leur empreinte, mais les carburants d’aviation durables ne sont pas au rendez-vous. On leur demande d’avancer sans leur donner les moyens d’y parvenir, résume l’économiste. À cela s’ajoutent des réglementations qui se contredisent ou s’empilent, au point qu’il devient impossible de les respecter toutes. Les transporteurs doivent alors choisir lesquelles enfreindre. Un casse-tête qui n’a rien d’abstrait pour les intéressés.

Reste la question de la survie. Le transport aérien n’a jamais dégagé une rentabilité nette supérieure à 5 %, rappelle Marie Owens Thomsen. Conséquence, les compagnies n’ont jamais pu consolider leur bilan, ce qui les prive de réserves pour traverser une crise qui s’installe dans la durée. Quand l’argent manque, il faut se tourner vers les marchés et emprunter. Mais avec des comptes déjà abîmés, les taux d’intérêt deviennent très élevés. Pour les plus vulnérables, l’issue se résume à deux options, s’arrêter ou trouver un acheteur. À l’échelle des 380 compagnies membres de l’organisation, cela laisse présager de nouvelles faillites.

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