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Un procès pour un incendie qui a tué huit personnes, trois versions qui s’affrontent

Trois hommes sont jugés pour l’incendie qui a ravagé une épicerie et tué huit habitants d’un bourg des Pyrénées-Orientales en février 2022. L’un d’eux…

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Un procès pour un incendie qui a tué huit personnes, trois versions qui s'affrontent

Trois hommes sont jugés pour l’incendie qui a ravagé une épicerie et tué huit habitants d’un bourg des Pyrénées-Orientales en février 2022. L’un d’eux affirme avoir allumé le feu sous la contrainte des deux autres, qui nient toute implication.

Le procès se tient devant la cour d’assises des Pyrénées-Orientales. Madjid Mekhelfi, 32 ans et sans-papiers, a maintenu vendredi sa version des faits. Selon lui, Khaled Ben Abdeljelil, 46 ans, gérant de l’épicerie où le drame a débuté, et son frère Raouf, 44 ans, lui avaient promis un emploi en échange de l’incendie. Il assure que les deux hommes lui ont remis six bouteilles d’essence et lui ont indiqué quoi faire. Il a reconnu avoir aspergé le commerce, répétant qu’il avait suivi leurs consignes. Les deux frères, eux, contestent toute participation.

Retrouvé gravement brûlé non loin de la supérette, Mekhelfi portait des vêtements imprégnés d’essence. Les enquêteurs ont très vite écarté la piste accidentelle, les expertises ayant confirmé la présence de ce produit dans l’épicerie. Le feu s’est déclaré dans la nuit du 13 au 14 février 2022 à Saint-Laurent-de-la-Salanque, une commune d’environ 10.000 habitants. Il s’est propagé en quelques instants aux logements voisins. Dans le bâtiment d’à côté, de jeunes parents âgés de 20 ans sont morts avec leurs deux enfants, l’un de quatre ans et l’autre de 18 mois, ainsi que le père de la jeune femme. Trois autres personnes résidant dans d’autres appartements du petit immeuble ont également perdu la vie. La famille installée au-dessus du commerce a survécu.

L’hypothèse retenue par la juge d’instruction est celle d’un incendie commandité pour toucher l’argent de l’assurance. Les deux frères, lourdement endettés, projetaient d’acheter ensemble un bar. Ils auraient voulu financer ce projet grâce à l’indemnisation du commerce. Le contrat d’assurance de l’épicerie avait justement été modifié trois jours avant le drame. Entendu jeudi, l’agent d’assurance a reconnu avoir été naïf et peut-être manipulé, précisant qu’il n’avait pas envisagé une fraude.

Cette première semaine d’audiences a donné la parole aux parties civiles, aux experts, aux enquêteurs et aux témoins. Les proches des victimes ont raconté leur douleur, notamment ceux de Khiara Benmostefa, morte aux côtés de son père Rachid, de son compagnon Kevin et de leurs enfants Hassan et Ynaia. Le directeur d’enquête de la gendarmerie a décrit la scène découverte après le brasier comme la pire de sa carrière, comparable seulement à la collision d’un car scolaire avec un train à Millas en 2017. La cour rendra sa décision le 16 octobre.

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