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Delta Air Lines revoit ses prévisions à la baisse, le carburant dévore ses marges

La flambée des prix du pétrole a poussé Delta Air Lines à revoir à la baisse ses ambitions pour l’année, effaçant les effets d’une demande de voyages…

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Delta Air Lines revoit ses prévisions à la baisse, le carburant dévore ses marges

La flambée des prix du pétrole a poussé Delta Air Lines à revoir à la baisse ses ambitions pour l’année, effaçant les effets d’une demande de voyages solide. La compagnie américaine doit désormais composer avec une facture de carburant en hausse de plusieurs milliards de dollars.

Delta Air Lines espérait une tout autre année. La compagnie aérienne américaine a réduit sa prévision de bénéfice annuel de près d’un quart, la flambée des prix du carburant annulant les gains tirés d’une forte demande de voyages et de billets vendus plus cher. Le bénéfice ajusté par action est désormais attendu entre 5,10 et 5,60 dollars, contre 6,50 à 7,50 dollars annoncés en juillet. Le point médian de cette nouvelle fourchette, à 5,35 dollars, passe même sous l’estimation moyenne des analystes, fixée à 5,46 dollars. La compagnie basée à Atlanta anticipe par ailleurs un bénéfice avant impôt ajusté de 4,5 milliards de dollars.

Le détail des comptes raconte la même histoire. Sur le troisième trimestre, le bénéfice net par action ressort à 1,72 dollar, un peu en dessous des 1,76 dollars attendus par le consensus. La marge opérationnelle ajustée recule à 9,4%, contre 11,1% auparavant. Les dépenses de carburant, elles, ont bondi de 62% sur un an pour atteindre 4,1 milliards de dollars, soit plus de 500 millions de plus que ce qui était prévu en juillet. Sur l’ensemble de l’année, la facture devrait grimper d’environ 6 milliards de dollars, soit 5,35 milliards d’euros. « Tout cela est dû au carburant », résume le directeur financier Erik Snell, qui pointe la hausse des prix du pétrole brut et du kérosène raffiné depuis l’été.

Le cas de Delta n’a rien d’isolé, et c’est tout le secteur qui retient son souffle. Les compagnies américaines ont dépensé 42,9 milliards de dollars en carburant pour leurs vols réguliers sur les huit premiers mois de l’année, près de 13,2 milliards de plus qu’un an plus tôt, et ce malgré une consommation légèrement inférieure. Jusqu’ici, la vigueur de la demande et une progression contenue du nombre de sièges ont permis de répercuter ces coûts sur les passagers. Aux États-Unis, les tarifs aériens ont grimpé d’environ 25% sur un an au cours des cinq mois précédant août. Reste à savoir combien de temps cette mécanique tient. Avec une accélération attendue du nombre de sièges disponibles sur le dernier trimestre, les analystes s’interrogent sur la capacité des compagnies à augmenter encore leurs prix sans faire fuir les voyageurs. Delta ouvre le bal des résultats parmi les grandes compagnies américaines, avant United, American et Southwest.

La compagnie peut toutefois compter sur un atout que ses rivales n’ont pas, une raffinerie située près de Philadelphie. « Nous avons une raffinerie qui nous permet de compenser, partiellement, les prix du carburant, ce qu’aucune autre entreprise ne fait », souligne Erik Snell. L’installation devrait dégager 700 millions de dollars de bénéfices cette année. La compensation reste pourtant limitée. Même avec un gain projeté de 40 cents grâce à la raffinerie, le coût de revient du carburant de Delta atteindra 4,25 dollars le gallon au quatrième trimestre, contre 3,61 dollars au troisième. Côté demande, rien ne semble vaciller pour l’instant. Près de 60% des réservations du quatrième trimestre sont déjà enregistrées et la compagnie table sur une croissance de son chiffre d’affaires d’environ 20% par rapport à l’année dernière.

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