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Elle dit avoir signé l’inéligibilité de Machado avec ses frères en otage
Le parti de Maria Corina Machado réclame la levée sans délai de son inéligibilité. Une ancienne magistrate du Tribunal suprême affirme avoir été…


Le parti de Maria Corina Machado réclame la levée sans délai de son inéligibilité. Une ancienne magistrate du Tribunal suprême affirme avoir été contrainte de signer les arrêts qui l’ont écartée de la présidentielle, en échange de la libération de proches arrêtés.
Le parti de Maria Corina Machado ne lâche rien. Jeudi, il a réclamé que l’inéligibilité de sa dirigeante soit levée « immédiatement », après les déclarations d’une ancienne magistrate qui assure avoir signé les arrêts la visant sous la contrainte. Une inéligibilité « illégale dès son origine », écrit le parti Vente, qui estime qu’elle n’a été obtenue qu’en se servant de proches d’une magistrate comme otages. Il réclame aussi une enquête urgente.
Les conséquences, elles, sont connues. Vainqueure de la primaire de l’opposition en 2023, Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix 2025, n’a jamais pu se présenter à la présidentielle de juillet 2024. Elle avait désigné Edmundo Gonzalez Urrutia pour la remplacer. Nicolas Maduro a été proclamé vainqueur d’un scrutin entaché de fraude, dont les résultats n’ont pas été reconnus par une partie de la communauté internationale. En janvier 2026, il a été capturé par l’armée américaine, lors d’une opération justifiée en partie par cette élection contestée.
Barbara Cesar Siero siégeait au Tribunal suprême de justice de décembre 2014 à février 2024, comme magistrate vice-présidente de la chambre politico-administrative. Tout a basculé le 15 décembre 2023, raconte-t-elle. Ce jour-là tombe la date limite pour déposer les recours contre les inéligibilités. La dernière personne à le faire est Maria Corina Machado. Le même après-midi, deux de ses frères, Guillermo Enrique Cesar Siero et Guillermo Henry Cesar Siero, ainsi que sa belle-sœur, Diana Desirée Victora Justo, sont arrêtés. Tous les trois sont militaires.
La semaine suivante, on lui apporte neuf arrêts à signer. Aucune audience, aucune partie entendue, une procédure déjà viciée, se souvient la magistrate. Elle se dit alors qu’en signant, elle obtiendra peut-être leur libération. Ils sont restés détenus. « À cette époque, tous ceux qui parlaient, ils les mettaient en prison », explique-t-elle, ajoutant que ses propres actes pouvaient avoir des conséquences pour ses proches. Elle finit par démissionner en février 2024. Si elle parle aujourd’hui, c’est, dit-elle, parce que l’arrestation de Nicolas Maduro a ouvert une brèche.
Ses proches ont été accusés d’avoir voulu tuer Nicolas Maduro et le gouverneur du Tachira, dans une affaire qu’elle qualifie d’inventée. Un de ses frères est toujours en détention. L’autre et sa belle-sœur sont libres, mais placés sous contrôle judiciaire.
Pour elle, la justice de son pays manque d’indépendance. La proclamation de la victoire de Nicolas Maduro en 2024 relève selon elle d’un « show » contraire au droit. À partir de là, tous les pouvoirs sont devenus illégitimes, affirme-t-elle. La réforme judiciaire promise par la présidente par intérim Delcy Rodriguez ne changera rien selon elle. Ce qu’il faut, dit-elle, c’est appliquer les lois sans ingérence, laisser les juges être des juges et chacun exercer son mandat en toute indépendance.
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