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Sophie Adenot boucle son odyssée avec un record européen en poche

La Française et ses trois coéquipiers de la mission Crew-12 ont amerri au large de la Californie après huit mois passés en orbite. Avec 235 jours dans la…

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Sophie Adenot boucle son odyssée avec un record européen en poche

La Française et ses trois coéquipiers de la mission Crew-12 ont amerri au large de la Californie après huit mois passés en orbite. Avec 235 jours dans la Station spatiale internationale, elle signe le plus long séjour en continu jamais réalisé par un astronaute européen.

Le voyage retour aura duré plus de 27 heures. Jeudi, la capsule Dragon transportant les quatre membres de Crew-12 s’est posée sans encombre sur les eaux du Pacifique, au large de la Californie. Les dernières minutes ont été les plus intenses, avec une traversée de l’atmosphère à toute vitesse, un ralentissement progressif grâce aux parachutes et une coupure totale des communications pendant la manœuvre. Un final à la hauteur de l’aventure pour Sophie Adenot, les Américains Jessica Meir et Jack Hathaway et le Russe Andreï Fediaïev, partis de Terre en février.

Pas question de sauter du vaisseau dès l’amerrissage. Environ quarante minutes après le contact avec l’eau, la capsule doit être hissée à bord d’un navire spécialisé. Puis chacun des astronautes en sera extrait un par un, avant d’être installé sur une civière ou dans un fauteuil adapté. Une précaution indispensable, leur corps ayant désappris à porter son propre poids et les risques de syncope ou de chute étant bien réels. Après un premier examen médical sur le bateau, direction la terre ferme en hélicoptère. De là, un avion les attend pour Houston, au Texas, où siège le centre de la Nasa qui suit les équipages. Sophie Adenot rejoindra ensuite Cologne, en Allemagne, pour environ trois semaines de récupération au centre de formation des astronautes de l’Agence spatiale européenne.

Elle aura passé 235 jours dans ce laboratoire qui tourne à 400 kilomètres au-dessus de nos têtes. Jamais un Européen, homme ou femme, n’était resté aussi longtemps d’affilée dans l’espace. Pour une première mission, la performance est d’autant plus marquante que cette colonelle de l’Armée de l’Air réalise là un rêve d’enfance et devient la deuxième Française de l’Histoire à rejoindre l’espace.

Au-delà de ses apparitions sur les réseaux sociaux, cheveux en l’air et tête en bas, la pilote d’hélicoptère a écrit une page d’histoire. Elle est devenue la première femme française à s’aventurer dans le vide spatial, à l’occasion de trois sorties extravéhiculaires menées les 18 et 25 août puis le 1er septembre. Près de vingt heures cumulées, 19 heures et 42 minutes exactement, qu’elle décrit comme le point culminant de son séjour. « J’espérais effectuer quelques sorties extravéhiculaires, mais je ne m’attendais pas à trois d’affilée, et ce, en l’espace de 15 jours. Ça a été une expérience extraordinaire », a-t-elle confié, comparant le moment où l’on quitte la station à la sensation d’ouvrir la portière d’une voiture et de se retrouver les pieds au bord d’une falaise.

Le corps, lui, garde la trace de ces huit mois. À 44 ans, fêtés dans l’ISS en juillet, la native de Cosne-Cours-sur-Loire a senti son organisme vieillir à toute vitesse. Cheveux blancs, souplesse en berne, vue qui baisse. Sans gravité pour le soutenir, le corps se transforme, entre perte osseuse, fonte musculaire, déconditionnement cardiovasculaire et troubles visuels. Il lui faudra de longs mois d’exercices ciblés pour retrouver sa forme d’avant.

Son séjour n’aura pas été de tout repos pour autant. Plus de 200 expériences scientifiques ont été menées à bord, destinées à préparer les prochaines missions et à faire avancer la recherche sur Terre. Avant de partir, elle avait confié sur son compte Instagram son envie de retrouver ses proches et de déguster une bonne galette bretonne, tout en avouant une pointe de nostalgie à l’idée de quitter le laboratoire orbital. Sa commandante Jessica Meir avait résumé le sentiment général au moment du départ. « Nous avons vécu une expédition absolument incroyable. »

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