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90 020 détenus en France, les prisons n’ont jamais été aussi pleines

Jamais autant de personnes n’ont été enfermées dans les prisons françaises. Derrière ce record se cache une surpopulation qui s’aggrave d’année en année…

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90 020 détenus en France, les prisons n'ont jamais été aussi pleines

Jamais autant de personnes n’ont été enfermées dans les prisons françaises. Derrière ce record se cache une surpopulation qui s’aggrave d’année en année, sans réponse à la hauteur.

Au 1er septembre, 90 020 personnes étaient détenues dans les établissements pénitentiaires français. Du jamais-vu. En l’espace d’un an, la population carcérale a bondi de 6,8 %, passant de 84 311 détenus à la même date un an plus tôt. Dans le même temps, le nombre de places réellement utilisables n’a progressé que de 1,2 %, pour atteindre 63 348. L’écart entre ces deux courbes raconte tout du problème.

Faute de lits, les matelas continuent de s’entasser à même le sol. Ils étaient 8 347 au 1er septembre, une hausse de 51,8 % en un an. Dans les maisons d’arrêt, qui accueillent les condamnés à de courtes peines comme les personnes en attente de jugement, donc présumées innocentes, la densité grimpe à 176,1 %. Tous types d’établissements confondus, le taux d’occupation s’établit à 142,1 %.

Les alertes ne datent pas d’hier. Le Conseil de l’Europe a dénoncé en début d’année l’état des prisons françaises, redoutant dans un rapport une dérive vers un « entrepôt humain ». Surpopulation, insalubrité, violences, les maux sont connus et documentés. La contrôleure générale des lieux de privation de liberté a elle aussi pointé l’absence de « mesure d’envergure nationale » pour enrayer le phénomène, dans un avis publié au Journal officiel début juillet.

Côté gouvernement, la réponse mise sur le béton. Le ministère de la Justice veut ouvrir 3 000 places dans des prisons modulaires, présentées comme moins chères et plus rapides à monter, dont la moitié dès 2027. Un chiffre qui interroge, puisque moins d’un tiers des 15 000 places supplémentaires promises par un plan lancé en 2018 ont vu le jour. Et la contrôleure générale de prévenir, au rythme actuel, il faudrait mettre en service un centre pénitentiaire toutes les six semaines pour absorber la surpopulation. Les aménagements de peine et les alternatives à l’incarcération, pourtant jugés indispensables, restent sous-utilisés ou entravés par des conditions de mise en œuvre restrictives.

Sur l’échiquier européen, la France figure parmi les mauvais élèves. Avec 131 détenus pour 100 places, elle se hisse au même niveau que la Turquie, devant la Croatie (123) et l’Italie (121).

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