Économie
Wall Street repart de l’avant, la Fed devrait rester les bras croisés
Un rapport sur l’emploi bien plus maigre que prévu a suffi à faire grimper les indices américains dès les premières minutes. Les investisseurs y lisent le…

Un rapport sur l’emploi bien plus maigre que prévu a suffi à faire grimper les indices américains dès les premières minutes. Les investisseurs y lisent le signe d’une Réserve fédérale qui ne touchera pas à ses taux avant un bon moment.
La séance démarre sur une note nettement positive à New York. Le Dow Jones avançait de 334,38 points, soit 0,66 %, pour s’installer à 51.260,94 points. Le Standard & Poor’s 500, l’indice le plus large, prenait 0,88 % à 7.733,64 points, tandis que le Nasdaq Composite s’envolait de 1,26 %, soit 339,34 points, à 27.210,93 points. Trois indices, trois hausses, et une même cause.
Cette cause se trouve du côté du marché du travail. L’économie américaine n’a créé que 29.000 emplois non-agricoles le mois dernier, alors que les économistes attendaient 90.000 postes. Le mois d’août, lui, avait tourné autour de 133.000 créations. L’écart est béant, et pourtant la réaction des marchés est à la fête. Le paradoxe n’est qu’apparent. Un marché de l’emploi qui ralentit, c’est un argument de plus pour que la banque centrale cesse de serrer la vis monétaire. Comme le résume Todd Schoenberger, directeur des investissements chez CrossCheck Management, ces chiffres inférieurs aux prévisions, révision comprise, constituent une bonne nouvelle pour les actions, aussi étrange que cela puisse paraître.
Le reste du tableau va dans le même sens. Une série de données décrit une activité économique qui résiste et des prix qui grimpent moins fort que redouté. À cela s’ajoutent les déclarations d’au moins deux hauts responsables politiques opposés à un nouveau relèvement des taux. De quoi convaincre les opérateurs que le prochain rendez-vous de la Fed, fin octobre, accouchera d’une souris. Les marchés évaluent à 80 % la probabilité d’un statu quo sur les taux à cette échéance.
Du côté des valeurs, les trajectoires divergent nettement. Nike dégringolait de 6,1 %, au lendemain de l’annonce d’un plan prévoyant davantage de suppressions de postes et une réorganisation de ses divisions commerciales à l’échelle mondiale. L’équipementier sportif prévoit en plus une forte baisse de son chiffre d’affaires annuel, de quoi refroidir les acheteurs. Tesla, à l’inverse, gagnait 4,4 %, porté par des livraisons du troisième trimestre supérieures aux attentes. Deux entreprises, deux ambiances, et un indice qui profite surtout de l’air du temps.
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