Société
Blocages de lycées dans toute la France, Lecornu réunit sa cellule de crise
Les blocages de lycées ont dégénéré jeudi dans plusieurs grandes villes, forçant le Premier ministre à convoquer une réunion de crise. Derrière les…


Les blocages de lycées ont dégénéré jeudi dans plusieurs grandes villes, forçant le Premier ministre à convoquer une réunion de crise. Derrière les poubelles en feu et les trams à l’arrêt, une jeunesse réclame des moyens et un gouvernement qui ne cède pas.
La journée avait commencé par des rassemblements, elle s’est terminée en désordre. Dans la matinée, 340 actions étaient en cours devant des lycées et 169 blocages ont été comptabilisés. En Ile-de-France, plus de 200 établissements étaient perturbés, dont une cinquantaine ont été le théâtre de violences, d’affrontements et de dégradations.
Le décor des villes concernées a pris des allures de chantier. Des poubelles renversées sur la chaussée, des feux allumés, des projectiles lancés, des abribus brisés, des feux d’artifice et des tirs de gaz lacrymogène. À Nantes, un incendie volontaire, dont l’origine n’a pas été précisée, s’est déclaré dans le hall du lycée Nelson Mandela. À Marseille, le proviseur adjoint et deux autres personnels du lycée Victor Hugo ont été éclaboussés par des individus qui versaient de l’essence dans des conteneurs. Besançon a connu ses propres incidents. À Toulouse, des jeunes ont envahi certaines artères et les rails du tramway, bloquant complètement la circulation par endroits. À Strasbourg, les trams ont été interrompus pour limiter les déplacements des manifestants.
Sous les banderoles, la colère a une autre couleur que celle des tessons de verre. « On manifeste contre les classes surchargées, contre ce gouvernement qui dépense des millions dans des pochettes anti-téléphone mais n’investit pas dans du chauffage, des climatisations, les salaires de nos profs », résume Maëlle, 16 ans, élève au lycée Malherbe de Caen. Elle prend ses distances avec les plus vindicatifs, préférant la manif aux poubelles incendiées. À Lille, un panneau en carton affichait « On veut le bac, pas la BAC ». Trois lycéennes de 15 ans, qui se font appeler Jojo, Léa et Mala, insistent. « L’Etat ne veut pas comprendre que nous, on fait ça pour nos études, pas pour faire le bordel. »
Le mouvement ne s’arrête plus aux portails des lycées. Après la première mobilisation nationale de mardi, les étudiants ont embrayé jeudi, avec une trentaine de campus bloqués. Des collèges ont suivi, comme dans le Rhône où 5 établissements sur 36 étaient mobilisés.
Face à l’ampleur, Sébastien Lecornu a convoqué une réunion de crise au ministère de l’Intérieur. Le ton était déjà monté en début de semaine, quand le Premier ministre a dénoncé sur le réseau X une « surenchère irresponsable » d’élus de la France insoumise appelant, à l’image du député Louis Boyard, à étendre les blocages. Jean-Luc Mélenchon lui a répondu aussitôt en l’accusant d’avoir « ordonné la répression », avec un « arrière-goût raciste évident », et en invitant élus et militants à s’interposer partout où ils le peuvent.
Côté éducation, Édouard Geffray a tenté une porte de sortie mercredi en proposant une « plateforme de concertation » ouverte à tous les lycéens. Il rencontrait jeudi matin à Versailles des élèves élus du conseil académique de la vie lycéenne. Insuffisant pour Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne, qui estime qu’une « ligne rouge » a été franchie. « On éborgne la jeunesse comme ils ont fait avec les gilets jaunes », a-t-il réagi.
La classe politique s’écharpe sur la gestion du dossier. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, fustige « l’irresponsabilité du gouvernement ». Bruno Retailleau, candidat LR à la présidentielle, va plus loin et réclame l’interdiction de LFI, « un parti qui essaie d’organiser l’insurrection ».
Trois enquêtes ont été confiées à l’IGPN, la police des polices, après des lycéens blessés lors de blocages. Mercredi à Tours, un jeune homme a été touché à la tête et hospitalisé pour des lésions jugées compatibles avec un tir de LBD. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez assume. « Ce sont des mineurs qui sont en face des forces de l’ordre. Evidemment, il y a un usage très proportionnel » des armes intermédiaires, gaz lacrymogène compris.
Pendant que les lycées s’agitaient, le gouvernement présentait jeudi matin son projet de budget. Il prévoit notamment de faire payer 178 euros de droits annuels aux étudiants non boursiers inscrits en BTS, et 270 euros à ceux des classes préparatoires aux grandes écoles.
À lire aussi





SociétéEn Ligne 2 joursElle fait fuir l’agresseur d’une passagère du RER C et se voit remettre la médaille du mérite



PolitiqueEn Ligne 5 joursNathalie Arthaud lance sa campagne et s’en prend frontalement à Jean-Luc Mélenchon



PolitiqueEn Ligne 5 joursPlace de la Concorde, la droite et l’extrême droite répondent en masse à la messe du pape



Faits DiversEn Ligne 3 joursRachida Dati face à un verdict qui peut lui coûter sa mairie et son avenir



SociétéEn Ligne 6 joursBlocus des lycées en Île-de-France, la colère monte et le pouvoir s’agace



PolitiqueEn Ligne 2 joursSelon Tanguy, d’anciens militants antisémites seraient à l’origine de la fuite visant Bardella



PolitiqueEn Ligne 6 joursLa veste de couvreur ressortie, Mélenchon dégaine son plan pour le logement



SociétéEn Ligne 6 jours80 000 jeunes catholiques font du bruit au Stade de France avant l’arrivée du pape








