Politique
Burnham promet aux siens un projet qui bouscule le Royaume-Uni
Devant les militants travaillistes réunis à Liverpool, le Premier ministre britannique présente ce mardi un programme qu’il veut plus consistant que tout…


Devant les militants travaillistes réunis à Liverpool, le Premier ministre britannique présente ce mardi un programme qu’il veut plus consistant que tout ce qui a été proposé aux citoyens depuis une génération. Il prévient déjà que personne ne sera d’accord sur tout.
Andy Burnham monte sur scène ce mardi après-midi avec une ambition claire, redresser le Royaume-Uni. Son discours devant les militants du Labour, réunis en congrès annuel à Liverpool, doit dessiner « un projet pour le pays plus consistant que tout ce qui a été proposé aux citoyens depuis une génération ». Le chef du gouvernement assume d’avance les réticences. « Je suis conscient que les gens ne seront pas d’accord avec tous les aspects de ce projet, mais je crois que cela peut redresser le Royaume-Uni », doit-il déclarer, selon des extraits diffusés à la presse.
Le programme qu’il déroulera touche à des sujets lourds, longtemps laissés de côté selon lui. Trois chantiers ressortent, la réforme de l’aide sociale, la bataille contre le chômage des jeunes, et ce qu’il décrit comme la nécessité d’un contrôle public renforcé sur l’énergie, l’eau et le logement. Voilà qui va bien au-delà des mesures sur le pouvoir d’achat annoncées depuis son arrivée à Downing Street, prises dans le sillage des guerres en Ukraine et au Moyen-Orient. L’échelle change, et avec elle le degré de difficulté.
Sur le terrain politique, Andy Burnham a déjà gagné une manche. Arrivé au pouvoir en juillet, porté par un quasi-plébiscite des députés travaillistes, il a succédé à Keir Starmer, devenu très impopulaire, et redonné de l’élan à un parti qui sortait d’une défaite cuisante aux élections locales du printemps. Cette déroute avait précipité la chute de son prédécesseur. Redevenu député en juillet après neuf ans passés à la tête du Grand Manchester, le nouveau Premier ministre a su renouer le fil avec les siens.
Les témoignages recueillis dans les allées du congrès vont dans ce sens. Lynne Troughton, 77 ans, qui a perdu son siège d’élue locale en mai, résume le changement d’air. « L’ambiance est plus positive. Nous avons maintenant un chef derrière qui nous pouvons nous regrouper. L’an dernier, on prévoyait le pire, et le pire est arrivé aux élections locales. » Elle reconnaît que le nouveau chef « a identifié les problèmes qui inquiètent les gens et a commencé à agir », tout en jugeant qu’il est « très tôt » pour parler de résultats. Emma Bean, militante londonienne de 34 ans, attend de lui qu’il « développe une vision claire pour le Royaume-Uni », à l’heure où le parti a choisi pour slogan « Retrouver l’espoir ». Le député Alistair Strathern, qui participait à un débat sur les attentes des électeurs, estime qu’Andy Burnham a réussi à « nouer ce lien indispensable avec les citoyens », en montrant qu’il « comprend leurs souffrances ainsi que les problèmes qu’ils attendent de voir résolus ».
Reste la question du possible. Les marges de manœuvre sont étroites, avec un budget sous contrainte. Le ministre des Finances John Healey a réaffirmé lundi, dans son propre discours, la volonté de maintenir le sérieux budgétaire du gouvernement précédent. Il faut aussi trouver de quoi financer la hausse du budget de la défense. Andy Burnham devrait donc prévenir que « l’espoir naît de l’honnêteté, et du fait de dire les choses que les responsables politiques évitent généralement de dire », manière d’annoncer des arbitrages douloureux. Sa journée de lundi avait d’ailleurs été accaparée par une réunion de crise, après une tentative d’attaque contre une base militaire en Angleterre.
Dans les nombreux panels organisés pendant le congrès, militants, sondeurs, parlementaires et acteurs économiques planchent sur les chantiers déjà tracés par le chef du gouvernement, décentralisation, réindustrialisation, jeunesse, ou encore rapprochement avec l’Union européenne. Pour Luke Tryl, du cercle de réflexion More in Common, le discours a jusqu’ici « trouvé un écho », mais le risque est ailleurs. Cette volonté pourrait « ne déboucher sur rien de tangible ». Il doit maintenant montrer qu’il peut « passer l’épreuve du concret ».
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