Faits Divers
Surnommé « Le zen » par ses proches. Il a tué sa femme et dispersé son corps. Son procès s’ouvre à Paris
Ce lundi, Lakhdar Matoug comparaît devant la cour d’assises de Paris pour le meurtre de son épouse Assia. L’homme de 53 ans, décrit comme un père calme et…


Ce lundi, Lakhdar Matoug comparaît devant la cour d’assises de Paris pour le meurtre de son épouse Assia. L’homme de 53 ans, décrit comme un père calme et travailleur, encourt la perpétuité.
Pendant des années, personne n’a rien vu venir. Youssef, comme tout le monde l’appelle, c’était le père tranquille. Celui qui emmenait les enfants à l’école, leur préparait les repas, et que ses proches surnommaient « Le zen » parce qu’il ne s’énervait jamais. Un « travailleur » et un « débrouillard », passé par des années de galère en hôtel social avant d’obtenir un CDI de chef de rayon et un T4 à Montreuil. Un couple banal, trois enfants, une enfance heureuse racontée à Alger. Mais cette image a volé en éclats le 13 février 2024. Ce jour-là, des jardiniers découvrent un bassin de femme dans un sac noir, au parc des Buttes-Chaumont. Rapidement, d’autres morceaux du même corps sont retrouvés disséminés dans ce vaste espace vert parisien.
Les faits sont glaçants, et l’accusé les a reconnus dès son ouverture de procès. Oui, il a tué sa femme au domicile familial. Oui, il a entreposé son corps sur un canapé en disant aux enfants que leur mère était malade. Oui, il l’a découpée. Pour cela, il avait acheté une meuleuse dans un magasin de bricolage en 7 minutes, comme le montre la vidéosurveillance. Puis il a mis les restes dans des sacs et les a dispersés dans le parc. Les enquêteurs ont retrouvé le buste dans un terrain vague de Bobigny, transporté en poussette. L’homme avait même signalé la disparition de sa femme, mais les « imprécisions » de son récit ont mis la puce à l’oreille des policiers. Placé en garde à vue, il a fini par avouer.
Reste une question centrale : pourquoi un homme si « zen » a-t-il basculé dans une telle violence ? L’accusé évoque une dispute qui a mal tourné, un étranglement de « quelques secondes ». Mais les experts disent qu’il faut plusieurs minutes pour provoquer la mort. Pour la découpe, il dit avoir voulu « protéger les enfants ». Le couple était lourdement endetté, notamment à cause de la faillite d’une entreprise. Et dans les semaines qui ont précédé le drame, Assia Matoug avait confié à ses proches « le sentiment qu’il allait se passer quelque chose ». Le procès, qui doit durer cinq jours, tentera de comprendre ce passage à l’acte. L’interrogatoire de l’accusé est prévu mercredi.
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