Faits Divers
La fraîcheur revient mais les hôpitaux restent en surchauffe
La canicule amorce enfin son reflux ce week-end. Pourtant, les services d’urgence continuent d’encaisser les vagues de patients, entre saturation des lits…


La canicule amorce enfin son reflux ce week-end. Pourtant, les services d’urgence continuent d’encaisser les vagues de patients, entre saturation des lits et soignants à bout.
Les températures baissent. La vigilance rouge va s’effacer dimanche soir après avoir concerné jusqu’à 37 départements. Mais ce répit météo ne signifie pas la fin de la crise sanitaire. Matignon prévient que les effets de la chaleur ne disparaissent pas avec le mercure. Déshydratations, complications de maladies chroniques, hospitalisations retardées : le système de santé reste en première ligne. À Paris et dans sa petite couronne, les appels au Samu ont bondi de 80 % cette semaine. Le plan blanc a été déclenché. Dans les couloirs des hôpitaux parisiens, les brancards s’empilent. L’adjoint à la Santé de la capitale parle d’une saturation exceptionnelle.
Au CHU de Toulouse, les couloirs et les patios se transforment en fournaise. Un syndicat décrit des locaux à 33°C où le personnel travaille comme pendant le Covid avec les moyens du bord. À Strasbourg, à l’hôpital Hautepierre, quatre soignants ont fait un malaise. L’une d’eux a dû être perfusée. Le droit d’alerte a été déclenché. Dans les services funéraires aussi la tension monte. Les chambres funéraires parisiennes n’ont plus de capacité d’accueil. Les corps sont redirigés vers la petite couronne. La situation rappelle les pires moments des canicules passées, mais les professionnels restent prudents sur le bilan humain.
Météo-France qualifie cet épisode d’exceptionnel, dépassant août 2003 en intensité et équivalent en durée. Les organismes souffrent. Une Strasbourgeoise de 37 ans raconte ne dormir que quatre à cinq heures alors qu’elle en aurait besoin de six ou sept. Les personnes isolées, surtout les plus jeunes, paient un lourd tribut. Antoine Alibert, l’élu parisien, déplore que des quadragénaires et quinquagénaires meurent chez elles sans que personne ne s’en aperçoive. Mesurer la surmortalité prendra des mois. L’an dernier, Santé publique France estimait à 5 700 les morts liées à la chaleur. Mais le directeur de l’AP-HP, Nicolas Revel, tempère : selon lui, grâce aux progrès de la prise en charge, le bilan final pourrait être bien moindre qu’en 2003. En attendant, les pompiers de Paris enregistrent un millier d’appels supplémentaires chaque jour. Et de violents orages s’annoncent, avec grêle et rafales, tandis que festivals et défilés ont été annulés ou reportés.
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