Société
Gabriel Attal se lance dans la course à l’Élysée, la bataille du camp Macron s’intensifie

L’ancien Premier ministre a officialisé sa candidature à la présidentielle depuis un village de l’Aveyron, ouvrant une compétition frontale avec Édouard Philippe pour la succession d’Emmanuel Macron.
C’est depuis la place du village de Mur-de-Barrez, à l’issue d’un débat citoyen réunissant une centaine de personnes, que Gabriel Attal a franchi le pas décisif. L’ancien locataire de Matignon a justifié son ambition par une conviction forgée au fil de ses responsabilités et de ses rencontres sur le territoire. Il a appelé à renouer avec un optimisme et à dépasser ce qu’il décrit comme une gestion du déclin, promettant d’apaiser et d’élever le débat public.
Cette déclaration, bien que largement anticipée, durcit la compétition interne au sein de la majorité sortante. Édouard Philippe, président d’Horizons, a déjà annoncé sa candidature dès septembre 2024. Les deux hommes se disputent désormais la place de principal représentant du bloc central, dans une primaire officieuse qui pourrait déboucher sur un ralliement en faveur du mieux placé, afin de faire barrage au Rassemblement national, actuellement en tête des sondages.
À un an du scrutin, Emmanuel Macron ne peut se représenter en raison de la limitation constitutionnelle des mandats. Le candidat du RN, qu’il s’agisse de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella, reste incertain, le sort de la première étant suspendu à une décision judiciaire prévue pour juillet. À gauche, Jean-Luc Mélenchon a déjà lancé sa quatrième campagne présidentielle, tandis que la social-démocratie reste divisée.
Gabriel Attal, souvent décrit comme un héritier du président sortant, espère battre le record de plus jeune élu à l’Élysée, puisqu’il aura 38 ans au moment du vote. Sa relation avec Emmanuel Macron s’est toutefois dégradée depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, qui avait mis fin brutalement à son passage à Matignon. Depuis, il a pris la tête du groupe macroniste à l’Assemblée puis du parti Renaissance, qu’il entend désormais ancrer localement. Ce choix de l’Aveyron, département où Renaissance a récemment conquis la mairie de Rodez, vise à contrer son image d’enfant des beaux quartiers parisiens.
Peu après son discours, Gabriel Attal a partagé un repas traditionnel sur la place du village et visité le collège local. Il doit ensuite se rendre au viaduc de Millau, dîner avec des agriculteurs, puis assister à la transhumance dans l’Aubrac. Ses équipes entament une campagne qu’ils qualifient de permanente, en opposition à la stratégie plus mesurée d’Édouard Philippe, qui prévoit un meeting le 5 juillet et la présentation de son programme à l’automne.
Un grand rassemblement Renaissance est programmé le 30 mai à Paris, Porte de Versailles. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a déjà annoncé qu’elle n’y participerait pas, et plusieurs figures de la macronie restent hésitantes. Une petite dizaine de parlementaires accompagnaient Gabriel Attal dans l’Aveyron vendredi.

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