Sports
Claude Le Roy décrypte les favoris de la CAN et livre un regard sans concession


L’ancien sélectionneur de plusieurs nations africaines, consultant pour l’édition 2025, analyse les forces en présence et partage ses convictions profondes sur le football du continent.
En marge de la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations, l’expérimenté technicien français a partagé ses observations. Évoquant la rencontre entre le Sénégal et la République Démocratique du Congo, deux sélections qu’il a dirigées, il anticipe un duel passionnant. Il estime que les Lions de la Téranga possèdent une légère supériorité collective, notamment en raison de la densité de leur effectif. Toutefois, il met en garde contre la vitesse de transition de la RDC, capable d’exploiter le moindre espace. La motivation des Congolais, toujours en lice pour une qualification à la Coupe du Monde, constituera selon lui un atout majeur.
Le parcours sénégalais actuel lui permet d’aborder l’héritage laissé par Aliou Cissé. Il exprime un certain étonnement face au manque de reconnaissance dont a souffert l’ancien sélectionneur, pourtant vainqueur de la CAN, contrastant avec l’engouement actuel. Il salue le travail de son successeur, Pape Thiaw, qui inscrit son action dans la continuité tout en insufflant une identité plus offensive et conquérante. Cette évolution, couplée à des résultats solides, place le Sénégal parmi les principaux prétendants au titre, derrière le Maroc.
À propos des Atlas Lions, désignés comme grands favoris, il reconnaît leur talent individuel, la qualité de leur encadrement et leurs infrastructures. Il émet toutefois un bémol concernant l’atmosphère lors du match d’ouverture, jugeant le public marocain trop réservé, et évoque une possible fragilité mentale historique. Il réserve des éloges sans précédent à Achraf Hakimi, le considérant comme le plus grand joueur de l’histoire à son poste, bien au-delà du simple rôle de latéral.
Interrogé sur d’autres nations, il voit en l’Algérie un outsider redoutable, doté d’un effectif de qualité et ayant retrouvé une sérénité bénéfique, même s’il ne considère plus Riyad Mahrez comme le joueur décisif. Revenant sur son expérience avec la RDC, il souligne sa philosophie, toujours centrée sur la détection de talents locaux pour régénérer une équipe nationale, une passion qui a guidé toute sa carrière sur le continent.
Enfin, il exprime une vive critique concernant la décision de passer la CAN à une périodicité de quatre ans. Il y voit une erreur profonde, privant selon lui de nombreux pays d’un levier crucial pour le développement d’infrastructures. Il associe cette réforme aux intérêts de la FIFA et à la multiplication de compétitions qu’il juge superflues. Il questionne également, sur un plan éthique, l’appellation « Coupe Arabe de la FIFA », estimant qu’elle ne reflète pas la diversité des populations concernées.





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