À Poussan, le projet de réhabilitation de la cave coopérative ressemble de moins en moins à une vision pour la ville, et de plus en plus à une bouteille oubliée au fond de la cave : on ne sait plus trop ce qu’il y a dedans, ni qui l’a bouchée.
En avril 2021, notre rédaction titrait déjà, « La renaissance d’un quartier qui ne fait pas l’unanimité ». Trois ans plus tard, force est de constater que la formule était prophétique. Car ce projet, censé redonner vie à un site emblématique de Poussan, cumule aujourd’hui les revirements, les silences gênés et les approximations politiques. Un projet d’envergure devenu, au fil des années, une énigme municipale.
Petit retour en arrière. En mars 2021, Florence Sanchez, maire de Poussan, pousse la vente de la cave coopérative en conseil municipal. L’idée, transformer ce lieu laissé à l’abandon depuis 2006 en quartier vivant, avec une centaine de logements portés par le groupe GGL. On nous promettait alors la conservation du fronton, des équipements publics, des espaces de bureaux, un parking souterrain… et surtout, la co-construction avec les habitants. À l’époque, certains riverains dénonçaient déjà une opération menée sans réelle concertation. Ils étaient loin du compte.
Car depuis, le compromis avec GGL est tombé… dans le silence. Il a expiré en 2022, sans suite, sans indemnité, sans explication publique. Une perte sèche pour la commune, passée sous les radars de la communication municipale. Pourtant, un nouveau compromis a été signé en octobre 2024 avec HOMAYA Promotion, société créée à peine un an plus tôt. Ce détail aurait mérité un mot dans le bulletin municipal. Il n’en fut rien.
Mais ce n’est pas tout. Le projet a changé de visage, de contenu… et d’ambition. L’idée initiale de raser l’ensemble du site sauf le fronton a été abandonnée, non pas pour préserver le patrimoine – soyons clairs – mais parce que conserver une partie du mur coûte moins cher. La conservation par défaut, une nouvelle méthode d’urbanisme sans doute.
Les équipements publics ? Disparus. Les bureaux promis ? Evaporés. La place publique ? Rétrécie. Le parking souterrain ? Rayé du plan, remplacé par quelques stationnements en surface qui vont accentuer la saturation du quartier. Et les logements sociaux, initialement annoncés à 35 %, bondissent à 70 %. Une donnée que la majorité municipale se garde bien de mettre en avant, alors même que le sujet mérite une vraie discussion. Car non, personne ne s’oppose au logement social. Mais tout le monde s’oppose à l’opacité.
À ce stade, une question s’impose, pourquoi cette obstination à vendre, coûte que coûte, malgré les échecs, malgré les révisions, malgré les critiques ? Pourquoi ce refus persistant de transparence ? Le groupe d’opposition « Poussan Tout Simplement » réclame aujourd’hui la liste des dates clés, les montants exacts, les acteurs en présence, les études, les permis… Bref, des réponses. On les comprend.
Car derrière cette opération censée incarner l’avenir de Poussan, il n’y a pour l’instant qu’une gestion en zigzag et une confiance qui s’effrite. En matière d’aménagement, la mairie semble avoir préféré le vin bouchonné au grand cru.
À force de rebouchages, ce projet de cave sent moins la renaissance que le vinaigre. Reste à savoir combien de temps encore les habitants vont avaler la piquette sans broncher.
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Sans intérêt
3 avril 2025 at 17 h 08 min
Pas terrible la mairesse