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Occitanie

Manifestation contre l’autoroute A69 : entre 5 000 et 10 000 manifestants, deux entreprises prises pour cibles

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Manifestation contre l'autoroute A69 : Tensions et dégradations

Des milliers de manifestants s’opposent au projet, mais des militants violents déclenchent des incendies dans des entreprises sous-traitantes.

Ce samedi, un impressionnant rassemblement a eu lieu dans le département du Tarn, où des milliers de manifestants se sont mobilisés contre le projet d’autoroute A69, visant à relier Toulouse à Castres. Alors que la grande majorité de la manifestation s’est déroulée dans le calme, des incidents violents ont éclaté lorsque des militants plus radicaux ont déclenché des incendies dans deux entreprises sous-traitantes du chantier.

Selon les organisateurs, plus de 10 000 manifestants ont participé à cette mobilisation, tandis que la préfecture du Tarn a estimé le nombre à 5 000 personnes. Les manifestants ont exprimé leur opposition au projet d’autoroute A69 en clamant haut et fort leur slogan « Non au macadam ! » au cours de cet événement.

La mobilisation s’est déroulée principalement de manière pacifique, avec des manifestants défilant sur la route derrière des tracteurs de la Confédération paysanne. Cependant, un groupe de militants, décrits par la préfecture comme « presque tous cagoulés, vêtus de noir, casqués », s’est détaché du cortège principal pour se diriger vers la cimenterie Carayon et l’entreprise du BTP Bardou et fils, toutes deux impliquées dans le chantier de l’A69.

Dans la cimenterie, des incendies ont été déclenchés, endommageant un algeco, trois véhicules toupies, et un engin de travaux publics. Les militants ont également « dégradé le bâtiment » de l’entreprise Bardou et ont arraché ses clôtures avant d’être repoussés par les forces de l’ordre. Sept interpellations ont eu lieu, et les forces de l’ordre ont fait usage de 74 grenades lacrymogènes pour maintenir l’ordre.

La mobilisation a été marquée par des messages forts contre le projet d’autoroute A69, les manifestants exprimant leur préoccupation quant à l’impact environnemental du projet. Certains ont souligné l’incohérence du projet par rapport à l’urgence climatique, plaidant en faveur de solutions de transport plus respectueuses de l’environnement, telles que les transports en commun et les trains.

Des banderoles et pancartes ont été arborées, avec des slogans créatifs tels que « Faites des 69, pas l’A69 », « L’A69 finira en cul-de-sac », « Des prairies, pas des Ferrari » et « Plus de légumes, moins de bitume ».

Le collectif La Voie est libre, en collaboration avec d’autres associations et syndicats, a organisé la manifestation, se félicitant de l’empathie suscitée par leur lutte. Un sondage réalisé récemment a montré que 61% des habitants du Tarn et de la Haute-Garonne étaient favorables à l’abandon du projet d’autoroute, tandis que 82% se sont prononcés en faveur d’un référendum local.

L’entreprise Atosca, de son côté, s’appuyant sur un sondage différent, a souligné que 53% des Français soutiennent le projet d’autoroute et a rappelé que 40% du budget du chantier a déjà été engagé.

Malgré ces chiffres, les opposants au projet espèrent toujours que le chantier sera stoppé. En fin d’après-midi, les manifestants sont retournés à leur campement à Saïx, où certains militants ont investi des maisons expropriées par le chantier pour créer une Zone à Défendre (ZAD) baptisée « CremZAD ».

Le chantier de l’A69, qui vise à réduire de 20 minutes le trajet entre Castres et Toulouse, a repris après une suspension en fin de semaine précédente. Le gouvernement affirme être « déterminé à faire aboutir ce projet, qui a été décidé démocratiquement et confirmé systématiquement par le juge. »

Cependant, les opposants restent convaincus que le projet peut encore être abandonné, s’appuyant sur le succès de la mobilisation contre l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique.

La préfecture avait déployé quelque 1 600 policiers et gendarmes pour encadrer la manifestation, soit deux fois plus que lors d’une précédente mobilisation contre l’A69 au printemps dernier.

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