Un ambitieux projet nippon d’importation d’hydrogène depuis l’Outback australien bute sur des obstacles majeurs : bilan carbone contesté et coûts prohibitifs.
Le Japon, en quête de solutions pour réduire son empreinte environnementale, voit son initiative phare de transition énergétique compromise. Ce programme, évalué à près d’un milliard de dollars, prévoyait d’importer massivement de l’hydrogène produit en Australie à partir de lignite, une ressource abondante dans l’État de Victoria. Toutefois, les critiques fusent quant à la viabilité écologique et financière de cette entreprise.
Pour respecter l’échéance de 2030 fixée pour la phase pilote, les promoteurs du projet ont dû revoir leur copie. Faute d’avancées suffisantes côté australien, la production sera temporairement relocalisée sur le sol japonais. Une décision qui soulève des interrogations, d’autant que les détails sur l’origine et les méthodes de fabrication de cet hydrogène restent flous.
Les défis techniques et économiques sont colossaux. Liquéfier l’hydrogène pour son transport nécessite des températures extrêmes (-253 °C), un processus énergivore et onéreux. Par ailleurs, la méthode de production envisagée, reposant sur la combustion de charbon brun avec capture du CO2, suscite la méfiance des écologistes et des scientifiques. Les doutes persistent sur l’efficacité réelle de cette technologie, encore peu éprouvée à grande échelle.
Malgré ces embûches, les porteurs du projet affichent un optimisme de façade, assurant que l’objectif initial demeure intact. Pourtant, des voix autorisées, comme celles d’experts en ingénierie, estiment que cette initiative pourrait bien être abandonnée en catimini, victime de ses propres contradictions.
Le Japon, cinquième émetteur mondial de CO2, mise beaucoup sur l’hydrogène pour verdir son industrie lourde et ses transports. Mais la voie choisie, complexe et coûteuse, illustre les difficultés à concilier ambitions climatiques et réalités technico-économiques. Si certains plaident pour la patience, arguant que les énergies renouvelables ont elles aussi connu des débuts laborieux, d’autres jugent cette approche irréaliste, voire contre-productive.
Dans un contexte où les alternatives manquent pour décarboner certains secteurs clés, le débat sur l’hydrogène reste plus que jamais d’actualité. Mais entre espoirs et désillusions, la route vers une transition énergétique réussie s’annonce semée d’embûches.