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Gérard Depardieu : la défense mise sur l’humiliation des plaignantes pour disculper l’acteur

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Le procès de l’acteur a illustré les mécanismes de victimisation secondaire, une stratégie judiciaire controversée qui fragilise les victimes d’agressions sexuelles.

L’audience du procès de Gérard Depardieu, accusé d’agressions sexuelles sur deux femmes lors du tournage des *Volets verts*, a révélé une tactique de défense brutale. Les avocats de l’acteur ont systématiquement remis en cause la crédibilité des plaignantes, les qualifiant de « menteuses » et « hystériques », créant un climat d’intimidation. Pour les observateurs, cette approche relève de la victimisation secondaire, un phénomène où les victimes subissent une nouvelle forme de violence à travers les procédures judiciaires censées les protéger.

Les réquisitions virulentes de la défense ont marqué les esprits. Une des plaignantes a confié avoir vécu ces audiences comme plus traumatisantes que l’agression elle-même. Les professionnels du droit dénoncent une inversion des rôles classique dans les affaires de violences sexuelles : l’accusé devient la victime d’un prétendu complot, tandis que les plaignantes sont soumises à un interrogatoire hostile. Cette dynamique, bien que courante, risque de dissuader d’autres femmes de porter plainte, renforçant ainsi un climat d’impunité.

Plusieurs avocats spécialisés dans les violences sexistes ont pointé l’inaction des magistrats et du barreau face à ces dérives. Si la liberté de la défense est essentielle, certains estiment que les limites ont été franchies, avec des propos dégradants tolérés en audience. La récente directive européenne contre les violences faites aux femmes prévoit pourtant des garde-fous contre ces pratiques, mais leur application reste lacunaire. Malgré tout, certains professionnels restent optimistes : la libération de la parole, bien que mise à mal par ces stratégies, résisterait grâce à une prise de conscience collective.

Le procès Depardieu aura ainsi servi de révélateur des dysfonctionnements persistants dans le traitement judiciaire des violences sexuelles. Entre défense agressive et passivité des institutions, la question de la protection des victimes reste entière.

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