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Exil politique : ces Américains qui choisissent le Mexique pour échapper à l’ère Trump

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Face aux tensions sociales et aux reculs des libertés aux États-Unis, une vague discrète mais significative de citoyens américains trouve refuge à Mexico.

Le phénomène reste marginal, mais il traduit un malaise profond. Tiffany, Oscar, Lee et Jessica font partie de ces expatriés qui ont tourné le dos à leur pays, déçus par le climat politique et les restrictions des droits civiques sous l’administration Trump. Venus s’installer dans la capitale mexicaine, souvent après la pandémie, ils y ont trouvé un cadre de vie plus apaisant.

Pour Tiffany Nicole, conseillère financière de 45 ans, le déclic a été la mort de George Floyd en 2020. « En tant que femme noire, je ne me sentais plus en sécurité », confie-t-elle, évoquant son projet de faire venir sa fille à Mexico. Les récentes mesures régressives sur les droits des minorités et la hausse des coûts de santé ont achevé de la convaincre. « Le pays régresse, et tout le monde en subit les conséquences », déplore-t-elle.

Lee Jiménez, professeur de yoga new-yorkais, partage ce constat. Après avoir vécu des discriminations raciales et homophobes, il a quitté les États-Unis en 2022. « Les micro-agressions se multiplient. Ici, je respire », explique-t-il, soulignant les avancées sociales de Mexico, où l’avortement et le mariage pour tous sont légalisés depuis des années.

Oscar Gomez, lui, a quitté San Francisco après la réélection de Trump. « Sa première présidence était déjà anxiogène. Cette fois, j’ai préféré anticiper », raconte ce consultant d’origine mexicaine. Malgré une baisse de revenus due à la suppression des programmes d’inclusion, il ne regrette pas son choix : « Mes parents sont partis aux États-Unis pour une vie meilleure. Aujourd’hui, c’est moi qui reviens au Mexique pour les mêmes raisons. »

Jessica James, partagée entre l’Alaska et Mexico, envisage même d’obtenir la nationalité mexicaine. « Voir autant de gens voter pour Trump m’a définitivement découragée », confie-t-elle, évoquant la polarisation croissante de la société américaine.

Avec près d’un million de ressortissants américains établis au Mexique, ce mouvement reflète une désillusion grandissante. Pour ces exilés, le rêve américain s’est effrité, et c’est désormais au sud de la frontière qu’ils cherchent un nouveau départ.

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