Après une semaine de débats houleux, les députés s’apprêtent à adopter un texte renforçant la lutte contre les réseaux criminels, malgré les craintes pour les libertés individuelles.
Le Parlement français franchit une étape décisive dans la lutte contre le trafic de stupéfiants avec l’adoption imminente d’une proposition de loi ambitieuse. Porté initialement par le Sénat, ce texte cristallise autant les espoirs que les critiques, opposant efficacité sécuritaire et respect des droits fondamentaux.
Parmi les mesures phares figurent la création d’un parquet national spécialisé et un dispositif attractif pour les repentis. Mais certaines dispositions, comme l’instauration de quartiers de haute sécurité pour les grands trafiquants ou l’extension des pouvoirs d’enquête, ont enflammé les discussions. La gauche dénonce une dérive sécuritaire, tandis que la majorité défend un arsenal nécessaire face à des réseaux criminels de plus en plus sophistiqués.
Les débats ont notamment buté sur des sujets sensibles : l’utilisation controversée de l’intelligence artificielle pour traquer les organisations criminelles, la possibilité de surveiller à distance des objets connectés, ou encore les « interdictions de paraître » dans les zones de deal. En revanche, l’obligation faite aux applications de messagerie cryptée de coopérer avec les enquêteurs a finalement été écartée, faute de consensus.
Si le texte devrait être adopté malgré l’opposition de la France insoumise, son parcours législatif n’est pas terminé. Une commission mixte paritaire devra harmoniser les versions des deux chambres avant un vote définitif fin avril. Entre-temps, les écologistes menacent de saisir le Conseil constitutionnel, estimant que certaines mesures franchissent une ligne rouge en matière de libertés publiques.
Cette réforme intervient dans un contexte où le narcotrafic a profondément infiltré les territoires, dépassant largement les seules métropoles. Un défi auquel le gouvernement entend répondre par une approche à la fois répressive et préventive, quitte à bousculer certains équilibres juridiques.