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Bétharram: le rectorat inspecte l’établissement au cœur du scandale

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Scandale à Bétharram : le rectorat de Bordeaux lance une inspection inédite après des décennies de silence

_Trente ans après sa dernière visite, l’établissement Notre-Dame-de-Bétharram, au cœur d’un vaste scandale de violences et d’agressions sexuelles, fait l’objet d’un contrôle approfondi par le rectorat de Bordeaux. Une inspection qui intervient dans un contexte de mobilisation croissante des victimes et des autorités._

L’institution, située à Lestelle-Bétharram dans les Pyrénées-Atlantiques, est sous le feu des projecteurs depuis plusieurs semaines. Plus de 150 plaintes ont été déposées contre d’anciens membres du personnel, religieux et laïcs, pour des faits de violences, d’agressions sexuelles et de viols, souvent prescrits. La dernière inspection remontait à 1996, suite à une plainte pour maltraitance. À l’époque, un rapport avait conclu à l’absence de brutalités systématiques, une conclusion aujourd’hui vivement contestée.

Le rectorat de Bordeaux a été sollicité par le ministère de l’Éducation nationale pour accélérer cette nouvelle inspection, annoncée le 14 février dernier. La rectrice doit tenir un point presse ce lundi après-midi pour faire le point sur les premiers éléments du contrôle. La ministre Élisabeth Borne a promis de prendre « les mesures qui s’imposent » en fonction des conclusions, tout en annonçant un renforcement des inspections dans les établissements privés sous contrat.

Parallèlement, le conseil départemental a décidé de conditionner ses subventions à l’établissement au respect de ses engagements contractuels avec l’État. Cette décision intervient alors que la congrégation des pères de Bétharram a reconnu, pour la première fois, le caractère « systémique » des violences commises. Une commission d’enquête indépendante a été mise en place pour apporter réparation aux victimes.

L’affaire a également des répercussions politiques. Une commission d’enquête parlementaire a été créée pour examiner les modalités de contrôle des établissements scolaires, publics comme privés. François Bayrou, dont les enfants ont fréquenté l’établissement et dont l’épouse y a enseigné, a été convoqué pour s’expliquer. Le Premier ministre, qui se dit victime d’une « manœuvre de déstabilisation », a affirmé qu’il répondrait aux questions s’il était officiellement convoqué.

Cette affaire a également déclenché une vague de dénonciations dans d’autres établissements catholiques à travers la France, soulignant l’urgence d’une réforme en profondeur des mécanismes de prévention et de contrôle. Les victimes, regroupées au sein d’un collectif, espèrent que cette inspection marquera un tournant dans la reconnaissance de leurs souffrances et dans la lutte contre l’impunité.

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