Économie
La Turquie face au dilemme du charbon
Alors qu’elle s’apprête à présider la prochaine conférence climatique mondiale, la Turquie poursuit le développement de ses centrales au charbon, au grand dam des populations locales et des défenseurs de l’environnement.
Dans le village de Çogulhan, au sud de la Turquie, l’existence est rythmée par les émanations permanentes de la centrale thermique voisine d’Afsin-Elbistan. Une poussière grise et tenace s’infiltre partout, recouvrant les habitations, les routes et les espaces publics. Pour les quelques centaines d’habitants restés sur place, souvent par manque de moyens pour partir, la vie quotidienne est un combat contre la pollution. Kaddafi Polat, un résident de longue date, s’inquiète moins pour sa propre santé que pour celle des plus jeunes, exposés dès l’enfance à un air chargé de particules nocives.
Cette installation, l’une des plus importantes et des plus polluantes du pays, fonctionne depuis 1984 en brûlant du lignite, une forme de charbon particulièrement émettrice. Elle puise sa matière première dans le bassin local, qui concentre près de la moitié des réserves nationales. Malgré son impact environnemental et sanitaire avéré, le gouvernement turc envisage son extension, un projet qui suscite une vive opposition.
Cette décision apparaît en contradiction avec l’agenda international d’Ankara. La Turquie doit en effet accueillir et présider la prochaine Conférence des Parties des Nations unies sur le climat, dont la transition énergétique sera un thème central. Pour les observateurs, le pays se trouve face à un paradoxe majeur. Comment prétendre jouer un rôle de leader dans la lutte contre le changement climatique tout en investissant dans de nouvelles capacités de production fossile ? Le charbon représente encore environ un tiers du mix électrique turc, une dépendance que les autorités semblent peu enclines à remettre en cause à court terme.
Les conséquences sur la santé des populations sont, elles, déjà tangibles. Les médecins de la région de Kahramanmaras signalent une prévalence alarmante de cancers, de maladies respiratoires chroniques et d’asthme parmi les riverains. Les taux de particules fines dans l’air dépassent très largement les seuils de sécurité établis par l’Organisation mondiale de la santé, parfois jusqu’à huit fois pour certaines catégories. Des militants écologistes, eux-mêmes atteints de pathologies liées à la pollution, dénoncent une situation intenable qui s’aggraverait avec l’agrandissement du site.
Face à ces critiques, les responsables politiques minimisent la portée du débat, estimant que la question énergétique ne saurait se réduire à la seule problématique des combustibles fossiles. Pendant ce temps, dans les rues de Çogulhan, les habitants, résignés, constatent les traces de poussière noire laissées par leurs pas. Pour eux, l’avenir se dessine en nuances de gris, entre la nécessité économique d’une source d’énergie bon marché et le coût humain d’une pollution dévastatrice.
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